Il était une fois… au Musée de Boulogne-sur-mer

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Marie Cazin, Sakountala, fin XIXème, Musée de Boulogne-sur-mer

C’est une belle exposition que nous avons eu l’occasion de découvrir au Musée de Boulogne, ce samedi 14 novembre 2015…
Certes, l’inauguration a été annulée, en raison des tragiques événements de Paris, mais nous avons mis un point d’honneur à y être présents.
Résister à la terreur, c’est continuer à vivre. Lutter contre la barbarie, c’est aussi s’abreuver de culture. Souvenons-nous que ces djihadistes, en plus que d’assassiner, ici, et surtout là-bas, saccagent les musées et les monuments majeurs du patrimoine commun à l’Humanité.

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Une exposition magnifiquement mise en scène !

Ainsi, c’est dans le monde de l’imaginaire que nous emmène le Musée de Boulogne, dans la Salle Comtale du Château… Un voyage dans l’univers des mythes, des contes, des fables et des légendes, à travers le temps et l’espace, et qui révèle ce que nous sommes autant que le monde dans lequel nous vivons.

Nous vous invitons donc aussi à ce voyage, dans un gracieux labyrinthe de papier, et remercions l’équipe du Musée pour sa créativité. Entrons sur la pointe des pieds, et découvrons quelques unes des œuvres exposées !

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C’est en admirant une oeuvre issue de la Manufacture de Rozenburg (Hollande), un plat représentant deux corbeaux que nous nous laissons charmer par une légende… chinoise !

Le corbeau, autrefois, arborait des couleurs vives, rendant fous de jalousie les autres oiseaux. « C’est moi le plus beau », chantait-il sans cesse… Jusqu’à ce qu’un incendie se propage dans sa forêt et qu’il s’y précipite, fâché de constater que le feu présente de plus belles couleurs que son propre plumage. Il ressort du feu en hurlant de douleur, jusqu’à se casser la voix, les plumes noircies par la fumée.
Et c’est depuis ce temps que les corbeaux croassent et sont vêtus de noir.

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C’est en Afrique que nous continuons notre voyage, avec ces pirogues sculptées du XIXème siècle, qui illustrent un conte de Côte d’Ivoire.

Dans un village de pêcheur, une grand-mère, qui, chaque matin, préparait le repas de ses trois petits-fils, s’étonnait de trouver, chaque soir, vide le bol qu’elle se réservait.
Furieuse contre les enfants, elle les emmena consulter le génie de la lagune, seul capable d’identifier le coupable… Après ses deux aînés, le plus jeune garçon prononça la phrase rituelle : « Si je mens, tu peux m’emporter dans les flots, génie de la lagune ! ». Les flots se refermèrent alors sur lui, dans un fracas effrayant. La grand-mère attrape alors l’enfant par les cheveux pour le sauver. Mais peine perdue : La chevelure mouillée glisse dans les paumes de la vieille femme, y laissant des sillons. Et c’est depuis que les hommes n’ont plus les mains lisses. mais couvertes de lignes, où certains s’évertuent, parait-il, à lire l’avenir…

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Et qui ne connait pas le conte du Vilain Petit Canard, devenu cygne majestueux, comme ceux qui glissent sur l’eau, sur ce plat de la Manufacture de Copenhague, en faïence vernissée, de la fin du XIXème siècle ?

Ne nous fions pas aux apparences, donc!

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La sculptrice Marie Cazin nous entraîne également dans l’univers onirique pour célébrer Sakountala, mère mythique du peuple indien, séduite, aimée puis abandonnée par le roi Dushyanta, à cause d’une malédiction bien cruelle. Délaissée, elle donne naissance à un fils, Bharata, ancêtre de la nation indienne.

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Mais c’est aussi la France médiévale, et le Pas-de-Calais, que ce couvercle de coffret en ivoire du XVème siècle, représentant des scènes courtoises, nous fait découvrir… Jeune marié, le chevalier Raoul de Crequi partit en Croisade, malgré les suppliques de sa jeune épousée. Il divisa donc en deux un anneau d’or, et en confia la moité à la jeune femme.
Au bout de longs mois, à l’annonce de la mort de son époux, celle-ci sombra dans le plus grand désespoir, jusqu’au jour où un homme hirsute et loqueteux se présentât au château et qu’il fusse soigné et nourri par les serviteurs. Demandant à s’entretenir avec la maîtresse des lieux, il lui montra alors la moitié du précieux anneau d’or, symbole de cet amour qui l’avait réchauffé pendant des mois de captivité… Les époux tombèrent dans les bras l’un de l’autre et la joie revint dans la seigneurie de Raoul de Créqui.

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Cette ravissante Matriochka russe du XIXème siècle nous rappelle la légende de la terrible sorcière Baba Yaga… Contrainte de livrer ses cinq filles à cette malfaisante, Natacha fabriqua, pour conserver leur souvenir, cinq poupées gigogne à leur effigie.
Pendant ce temps, les cinq demoiselles découvrirent que l’affreuse Baba Yaga était en réalité une tsarine qu’un sort avait transformée en être maléfique, et l’en délivrèrent.
Elles purent alors rentrer chez leur mère, qui offrit à la tsarine ses poupées. Cette dernière se maria, eut une fille, baptisée Matriochka, qui n’eut pour seules poupées que les « matriochki » sculptées par Natacha.

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Les deux statuettes de Castor et Pollux, dits les Dioscures, retrouvées à Boulogne-sur-mer, datant du IIème ou IIIème siècle, sculptées dans le calcaire de Marquise, nous rappelle la légende de ces deux antiques jumeaux, partageant tout de leur vivant, et leur immortalité également… passant alternativement six mois sur la terre et six mois en enfer, avec l’assentiment de Zeus, leur père. Dans le ciel, ils brillent ensemble au firmament et forment la constellation des Gémeaux.

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La collection unique au monde de masques de Kodiak du Musée de Boulogne, rapportés par le Boulonnais Alphonse Pinart, est également riche en légende… Ainsi, pour illustrer cette oeuvre contemporaine (2010)  de Perry Eaton, Blue Moon, on peut évoquer la légende de la Fiancée de la Lune, et sa rencontre avec de bien étranges créatures : des hommes à l’œil unique, allongés à plat ventre sur un sol moelleux. « Ce sont les étoiles », lui expliqua la lune, « qui placent leur œil unique à travers le toit su ciel pour qu’on les voit briller de la terre ». Et il ne faut jamais déranger les étoiles !

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Le secret et sa transgression, mais aussi les châtiments encourus pour vouloir percer à jour les pans les plus sombres de l’âme humaine, s’incarnent à merveille dans le conte de Barbe Bleue… « Anne, ma soeur Anne, ne vois tu rien venir ? »
Animal de contes par excellence, le Renard était également à l’honneur. Qu’il se joue du corbeau ou se moque des nobles et des clercs, dans le Roman médiéval qui lui a donnée son nom, notre goupil se tient le nez au vent, sur cette faïence vernissée de la Manufacture de Copenhague, fin XIXème siècle.

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Le sublime plâtre original du bronze unique de Rodin, nous raconte l’histoire de Glaucus, pêcheur mais fils de Poséidon, amoureux de la nymphe Scylla, que Circé la magicienne transforme en monstre marin. En attendant, tendrement, ils s’enlacent encore pour l’éternité…
« Vois Glaucos les flots qui déjà agitent les mers : Vois les hauts sommets des Gyres d’épais nuages enveloppés, Présage trop certain des plus affreux orages », Héraclide du Pont.

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Le Faune aux Marmouset, terre cuite de Claude Michel, dit Clodion (1738-1814)  fait retentir ses sabots, dans les bois, galopant follement, en portant dans ses bras de dodus bambins qui jouent avec sa barbe sauvage…

Et encore bien d’autres trésors, à découvrir !

Nous remercions l’équipe du musée, qui nous a invités à cette jolie balade, à la fois familière et exotique !

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