Le mouton Boulonnais… Une renaissance?

Mouton Boulonnais au Cap Blanc-Nez.

Mouton Boulonnais au Cap Blanc-Nez.

Le patrimoine d’une région ne se limite ni à ses monuments, ni à hauts-lieux touristiques ni à ses paysages, aussi variés et grandioses soient-ils… De patients efforts de sélection, effectués par nos éleveurs au cours des siècles passés, ont permis le développement de races particulièrement adaptées à leur milieu. Ainsi en est-il du mouton boulonnais, une race ovine qui a failli disparaitre et se trouve encore menacée aujourd’hui.

Le mouton Boulonnais est une bête de grande taille, environ 75 cm au garrot, robuste, au corps bien charpenté et cylindrique, à la face légèrement bleutée et à ses grandes oreilles dressées « en cornet ».

Métissée de moutons flamands, artésiens et anglais, la race Boulonnaise est le produit d’une sélection réalisée dans la Bergerie Royale de Montcavrel. On se souciait alors de productivité, face à l’ambitieuse Angleterre et son industrie lainière conquérante.
Ainsi, ce sont des specimens d’English Leicester Dishley, de New Kent et de Shropshire qui sont utilisés pour accroître la production lainière dans la région boulonnaise. C’est pourtant grâce à la saveur de sa viande que l’ovin boulonnais est rapidement devenu célèbre. Et il pèse entre trois et quatre fois plus qu’un mouton ordinaire !
En 1880, les critères de la race sont définitivement fixés, au Haut-Tingry, près de Boulogne, où l’élevage a été transféré en 1859.

Cependant, les transformations de l’agriculture, et surtout le choix de l’élevage intensif, lié aux transformations des modes de consommation alimentaire, ont rapidement entrainé son déclin au XXème siècle : De 170 000 têtes à la veille de la Première Guerre Mondiale, l’effectif passe à 40 000 têtes en 1950. En 1963, il n’en reste que 15 000, et la race semble éteinte dans les années 80.
C’est alors que l’Institut d’Agriculture de Lille, à la demande du Centre régional de ressources génétiques du Nord – Pas-de-Calais (CRRG), entre en scène et retrouve une vingtaine d’éleveurs encore actifs. Trois d’entre eux sont sélectionnés pour la qualité de leurs béliers. Les éleveurs se regroupent, et sont tenus d’inscrire les naissances dans un livre des origines créé pour l’occasion. Ainsi nait, en 1984, l’Association des éleveurs de moutons Boulonnais, qui réunit aujourd’hui 45 éleveurs, dans le Nord-Pas-de-Calais et jusqu’en Seine-Maritime, en Picardie, en Belgique… Un cheptel de 2500 têtes, en 2014.

Réintroduite comme outil de gestion des coteaux calcaires auprès des gestionnaires de milieux naturels sensibles, on le trouve chaque été sur le Grand site site des Deux-Caps, fier gardien des falaises de la Côte d’Opale.
Cependant, la conservation de la race n’est pas assurée de manière définitive. En effet, la filière viande piétine, et les éleveurs de l’association, qui résistent aux difficultés du métier, demandent davantage de planification. Et le mouton boulonnais ne manque pas de qualités : une viande savoureuse, un gout pour le fourrage grossier, pour les prés salés, ce qui en fait un allié dans la mise en place d’écopâturage. Certains éleveurs se lancent dans le bio, dans les circuits courts de commercialisation.

Toutes les stratégies durables sont à envisager, pour préserver la biodiversité, sacrifiée sur l’autel de l’élevage intensif.

T comme Tardinghen

Et des moutons aussi dans nos cieux…

 

 

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