Apparition des Chemins de Fer à Boulogne.

Tunnel des Tintelleries.

Tunnel des Tintelleries

Boulogne-sur-mer, ville de vieille Histoire, a connu de forts déplacements de groupes humains depuis bien longtemps. Avec le développement des relations commerciales, à ces déplacements humains, très tôt, se sont superposés des déplacements de marchandises.

Depuis le Néolithique, existait un fort réseau de « routes ». Il permettait certainement aux tribus primitives de garder un lien commercial entre elles. Ces routes furent d’abord conservées puis renforcées par les Gaulois… le réseau, toujours pour les mêmes raisons, fut quelque peu développé par les Romains. Les premières routes pavées apparurent. Puis ce fut au Moyen-Âge, lors du passage aux « cemins ferrés », qu’apparut le réseau des « Chaussées BRUNEHAUT », qui permettait de joindre la région aux pays du Nord.

A des besoins logistiques toujours grandissants, les habitants répondaient déjà par le développement et l’équipement du territoire. De nombreux siècles avaient vu et verraient encore le pas lourd des Chevaux de trait réguler les affaires des Hommes… avant que les Chevaux-Vapeur ne prennent le pas.

Divers projets de ponts, de tunnels, plus ou moins fumeux, furent lancés, puis abandonnés. L’Angleterre n’allait pas se laisser rejoindre aussi facilement, avant longtemps. Mais en 1825, l’exploitation du Chemin de Fer commence chez nos amis d’Outre-Manche. Richard TREVITHIK, Ingénieur des Mines de Cornouailles, aidé par George STEPHENSON, inventeur d’une locomotive, a mis le projet sur les rails en 1804…

C’est en 1826 qu’on peut lire dans « L’Annotateur boulonnais » ces quelques lignes : « Une Société anglaise se propose, dit-on, d’établir une route en chemin de fer de Boulogne à Paris en passant par Amiens. Il en résulterait de très grands avantages pour le commerce. » Tant les exploitants du port de Boulogne, que ceux du port de Calais, comprirent l’enjeu de cette innovation technologique.

Entre 1850 et 1870, toute l’Europe se couvrit de voies ferrées. Boulogne, idéalement située entre Paris et Londres, n’allait pas être en reste de vapeurs et d’escarbilles. La rivalité entre les deux villes pour gagner la course du poisson à Paris était déjà engagée de longue date. Au début des années 1830, alors que le poisson de Boulogne gagne Paris en vingt-deux heure à « Hue ! » et à « Dia ! », deux projets allaient isoler Boulogne-sur-mer. En effet, Paris allait être relié à Calais via Lille. En même temps, la capitale allait être reliée directement à Dieppe !

Les Municipalité et la Chambre de Commerce exigèrent qu’un tronçon Amiens-Boulogne fut ajouté au projet. Le cas fut accepté mais traîna en longueur… ce ne fut que le 11 juin 1842 que la Chambre des Députés adopta une loi précisant le tracé de la voie… Alexandre ADAM, banquier et Maire de Boulogne, se méfiait à juste titre. Il ne cessa de repartir à l’assaut, et de mobiliser les énergies. C’est lui le vrai artisan de la venue du train dans sa ville.

Pendant ce temps de brumes et d’obstacles, les Boulonnais donnaient et recueillaient les deux tiers du coût des travaux, en ayant lancé une souscription publique. Les habitants de la ville, et ceux de toutes les communes avoisinantes furent généreux. Les entreprises, des notables du bassin, participèrent aussi à l’action. Les Anglais eux, inauguraient une ligne Londres-Folkestone, amenant leurs trains face à Boulogne…

Enfin en mars 1844, la Chambre des Députés enfin éveillés autorisait le Ministère des Transports à signer une concession avec la Compagnie Amiens-Boulogne… qui inaugurera sa ligne Paris-Amiens-Boulogne le 17 avril 1848. Dès lors, la capitale de la Côte d’Opale n’est plus qu’à cinq heures de Paris, et des Halles… les investissements de la Compagnie furent lourds : en 1850, afin de répondre au développement du tourisme balnéaire, et aux besoins de rapidité du transport des produits de la mer, elle possède 34 locomotives, 126 wagons-voyageurs, et 261 wagons-marchandises.

Dans le contexte de concurrence acharnée avec la Compagnie du Nord, la Compagnie Amiens-Boulogne se voyait absorbée par celle-ci en 1851. Toutes les avanies des dernières années, avaient désabusé les Anglais… le General Post Office faisait remarquer que la Malle des Indes débarquée à Calais et devant passer par Lille perdait du temps. En 1850, la crainte de perdre ce trafic qui aurait pu passer par Bruxelles et la Prusse Rhénane, fit accepter au Gouvernement la concession d’une ligne Boulogne-Calais.

Viaduc sur la Wimereux.

Viaduc sur la Wimereux.

Finalement, après que des tunnels furent percés des deux côtés du Pont des Tintelleries en 1862, que le viaduc de Wimereux fut terminé, en 1865, « l’Impartial » relevait en 1867 que : « Le chemin de fer de Boulogne-à Calais, bien qu’il coupe en deux notre pittoresque et charmante ville, n’en sera pas moins le plus remarquable tronçon de la Ligne du Nord par la hardiesse de ses ouvrages d’Art et la beauté de sa construction. » La Chambre de Commerce ne pourrait plus douter que « Boulogne ne peut vivre qu’à condition d’être vue. Si on passe loin d’elle, elle est perdue. »

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4 réflexions sur “Apparition des Chemins de Fer à Boulogne.

  1. Il y a aussi une autre histoire qui vient se greffer sur celle de maligne « prioritaire », celle des lignes secondaires mises en place pour les minerais extraits des terres du boulonnais, puis de petites lignes aussi destinées aux voyageurs locaux, telle celle du PORTEL BONNINGUE.

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