Zoom sur… le FLOBART !

Un flobart à l'honneur à la Fête de la Mer, à Boulogne-sur-mer, 5ème édition, en 2011. On y observe bien la technique de la coque

Un flobart à l’honneur à la Fête de la Mer, à Boulogne-sur-mer, 5ème édition, en 2011. On y observe bien la technique du « bordage à clin ».

C’est le bateau de pêche typique du Boulonnais, et qu’on trouvait de Wissant à Berck… Et n’allez pas dire aux amoureux de ses formes cambrées, qu’il s’agit une simple barque de pêcheurs, surtout ! Ou vous finiriez la sortie en mer à la nage ! 

Mû à la rame et à la voile, puis motorisé dans les années 40, le flobart est un bateau d’échouage, c’est à dire capable de se poser sur le fond de la mer, et il est donc capable de flotter dans trente centimètres d’eau… Vous voyez l’intérêt ? C’est celui de pouvoir être mis à terre après la marée, puis tiré sur le sable, là où la côte n’offre pas l’opportunité d’un port…
Ventru, c’est un petit bateau robuste, et qui permet des activités de pêche diverses, de la pêche aux crabes et aux homards, s’il embarque des casiers, aux « métiers de cordes », les lignes de fond, qui permettent de remonter morues ou carrelets, ou encore, à la ligne traînante, les harengs en automne. Plats à la poupe,  les plus petits peuvent être poussés à l’eau par deux hommes, avec un peu de force…
Le flobart est présent sur toute la Côte d’Opale, avec des variantes locales : crevettiers à Etaples, de plus fort tonnage à Equihen pour la pêche au hareng et au maquereau…
Sa taille est également variable : du demi-ponté de 6 mètres au ponté de 12, en passant par les creux, sans pont, de moins de 8 mètres…

Flobart tracté au Cap Gris-Nez. Photo Velvet, mai 2014.

L’origine de son nom ? La question n’est pas tranchée…
Est-ce le néerlandais « vlotbaar », qui signifie navigable ?
Il est peu probable que l’origine en soit le « flambart » normand, puisque les Normands reconnaissent leur culpabilité : Ils ont emprunté le nom de leur bateau de pêche traditionnel au flobart, justement…
Hypothèse intéressante également : « flober », c’est labourer superficiellement le sol en automne, et c’est exactement ce que fait le flobart, sur les plages, en labourant le sable…
Hasardeux, tout ça !

Un Flobart de Wissant, vers 1900, de retour de pêche.

Un Flobart de Wissant, vers 1900, de retour de pêche.

En revanche, ce qui l’est moins, c’est la parenté évidente entre ce bateau et ceux qui commencent à infester la Mer du Nord et la Manche, à partir du IIIème siècle, les bateaux saxons, dont les techniques de construction sont les mêmes : Une coque constituée de planches d’orme, cintrées et superposées, qui tiennent ensemble grâce à des rivets de cuivre,  bordées à clin, c’est à dire se recouvrant comme les ardoises d’un toit, tout comme ses cousins, qu’on désigne sous le terme générique de « drakkar »… C’est d’ailleurs à l’époque des raids vikings que se généralise la technique du bordage à clin, sur le littoral de la Manche.

Il semble toutefois que les ancêtres du flobart, déjà, pêchaient sur la Manche quand Jules César écrivait sa Guerre des Gaules, puisqu’il y parle de bateaux à la « carène beaucoup plus plate que celle de nos vaisseaux, pour qu’ils ne craignent pas de s’échouer » et dont la « proue et poupe étaient très relevées, en raison de la hauteur des vagues et de la violence des tempêtes » et fabriqué « entièrement en chêne pour supporter les chocs et les fatigues » aux « traverses, d’un pied d’épaisseur, assujetties par des chevilles de fer (« claves ») de l’épaisseur d’un pouce ».
Quoi qu’il en soit, il existait bien avant que les sources n’y fassent référence, au détour du XVIIème siècle…

Mais il est aussi indissociable d’une autre célébrité de notre littoral, le cheval Boulonnais, qui a longtemps travaillé à remonter les flobarts de retour de la pêche. (Nous consacrerons à ce magnifique animal un article, bientôt ! Il le mérite !)

Photo France3 Nord-Pas-de-Calais, Fête du Flobart 2013 à Wissant.

Et pour finir, nous saluons le travail de l’association Flobarts des deux Caps, qui, depuis 1999, n’a pas ménagé ses efforts pour préserver ce petit bijou du patrimoine maritime, assurer la restauration de vieux gréements, la conservation du matériel de pêche, et permettre la construction de répliques, qui naviguent déjà.
Dans cette logique, l’association a ouvert à Wissant, rue Louis Blanc, une Maison du Pêcheur, en 2012, afin de nous faire partager leur passion pour la vie de la mer d’autrefois…

Le Notre-Dame de la Mer, réplique d’un flobart de 1913, sur lequel six marins pratiquaient toute l’année le « métier de cordes », construit dans les ateliers du Musée de la Marine d’Etaples (ex-chantier Leprêtre) à partir de plans établis par Bertrand Louf, modéliste et spécialiste des bateaux et de la pêche dans le Boulonnais mis à l’eau en 2008 par l’Association Flobart des Deux Caps. Photographie : http://www.flobart.org/modulosite2/flobarts-des-2-caps.htm

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