A TRAVERS LE TEMPS… LES CORSAIRES DE BOULOGNE – Suite XII.

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Gaspar, Balthazar Melchior MORAS nait lui, le 2 janvier 1771. Ses prénoms lui viennent de son parrain, qui est un HAIGNERE de la Beurrière( un quartier des marins de Boulogne, ainsi dénommé, et peut-être plus souvent appelé « Burrière » ).

Il ne montre pas le même intérêt que ses frères pour la médecine, et ce sont des amis de la famille, les FRIOCOURT, qui vont veiller à son éducation à partir de la mort du père.
Dès 1783, il entre dans la Marine comme pilotin. Il devient aide-pilote sur le Jupiter, puis fait les campagnes de Saint-Domingue. Il atteint à la fonction de Commandant du Fort Saint-MICHEL à la fin de ces aventures ultramarines.
Devenu Enseigne de Vaisseau en 1792, il est Lieutenant aide-Major sous les ordres de l’Amiral VILLARET-JOYEUSE, sur les Éole, Gracieuse, et Jupiter. Il prend ensuite la fonction de sous-aide-Major sur les Cerf, Flibustier, Virginie, Océan. C’est avec ce dernier navire qu’il est remarqué dans des combats en Prairial et Messidor An III( mai, juin, juillet 1795 ), et est félicité par le Gouvernement de la République.
Lieutenant de Vaisseau sur La Fraternité en 1796, il se voit confier par le Général HOCHE de faire le relevé des mouillages de la baie de Bantry, et de la rivière Schannon, afin de préparer le débarquement de l’Armée française en Irlande.
Nommé Capitaine de Frégate en 1798, il est sur L’Indomptable, après une autre mission à Saint-Domingue. Attaché à la flottille qui s’apprête à débarquer en Angleterre, il y est Adjudant-Commandant.
Anecdote : Le 27 septembre 1803( 4 Vendémiaire An XII ), l’Amiral BRUIX le charge de porter les ordres à la Division du Général Saint-HAOUEN, à Calais. Ne trouvant plus de canot libre, Gaspar les porte à … la nage. Boulogne-Calais, une distance respectable qui le rend célèbre parmi les corsaires, marins et soldats de la flottille… Le lendemain, il est du combat qui permet de repousser quinze bateaux anglais qui tentaient d’enfoncer la ligne d’embossage. Il s’y signale encore, n’ayant pas l’air fatigué de son exploit de la veille…

Il est nommé Capitaine de Vaisseau, alors qu’il n’a que trente-deux ans…
Le 18 Brumaire( 10 novembre 1803 ) de la même année, au commandement d’une Division de caïques, Gaspar combat encore une fois les Anglais, et aide vaillamment à les repousser. Encore, les 21 et 22 Nivôse, il rejoint d’abord une escadrille de vingt-cinq navires venant de Granville, du Havre et de Dieppe. Il les rejoint malgré l’opposition anglaise, et leur donne des pilotes à tous, pour dépasser Alprech et les faire rentrer au port. Puis c’est une division de Calais qu’il rejoint et parvient à guider, malgré le feu des canons de Sa Majesté, et le brouillard.
La flottille enfin mise complètement en ordre de combat, Gaspar MORAS est adjoint au Chef d’État-major, et Commandant de la canonnière n°1. On lui donne peu après le commandement du vaisseau amiral, le Renommée. Il se voit attribuer la croix ; il est fait Chevalier de la Légion d’Honneur le 6 Ventôse An XII( 26 février 1804 ), et devient Officier de la Légion d’Honneur le 27 Prairial de la même année( 16 juin 1804 ).
Lorsqu’on forme les régiments de la flottille en mars 1807, notre marin devient Colonel commandant le deuxième de ceux-ci. Il rejoint Anvers avec ses hommes, maintenant fantassins, pour un temps seulement. Car la ville est devenue un immense chantier naval, affairé à construire dix vaisseaux de ligne… L’un de ceux-ci, le César, avec ses 74 canons, va combattre les Anglais qui débarquent à Walcheren. Il est monté par Gaspar MORAS et ses Hommes redevenus Marins. Aidé par la flotte française et la fièvre des marais, le navire participe à transformer l’opération militaire ennemie en aventure mortelle…

Lord CHATAM, avec ses six-cents voiles et ses 70 000 Hommes, va faire demi-tour.
L’Empire arrivant à sa fin, Gaspar est maintenu dans sa fonction de Commandant, sur le Dalmate cette fois, et la Première Restauration lui attribue la Croix de Saint-Louis le 16 août 1814.
L’aventurier corse, comme l’appellent les royalistes, est revenu en métropole… Fidèle, Gaspar le rejoint, et forme le 7° Régiment de Marine, dont il est nommé Colonel. Les Hommes de son unité sont surnommés « les Romains des pontons » ; en effet, ils sont tous d’anciens prisonniers de guerre, que l’Angleterre a rendu à la France. Affecté à la défense des côtes au Sud de Brest, l’unité est démobilisée et licenciée lors de la deuxième rentrée des Bourbons. Son Chef est destitué. On ne pardonne jamais deux fois…
Le Colonel Moras est admis à sa retraite le premier janvier 1816. Après plus de trente années de mer, il se retire à Brest. Il s’ennuie, et y prend les fonctions gratuites d’administrateur de l’hospice civil.
Sa santé s’étant dégradée après sa mise en inactivité forcée, il meurt le 15 janvier 1824, ayant été nommé auparavant Membre Honoraire de la commission de l’hospice.
Bibliographie : -Echec à NELSON -( Les Corsaires Boulonnais de la Révolution à l’Empire ). ABC2E

Webographie : -http://www.descendants-capitainescorsaires.org/res_recherche.php

-http://data.bnf.fr/12007694/tribunaux_de_prises/

-http://fournetmarcel.free.fr/corsaires.htm

-http://threedecks.org

A SUIVRE…

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