Les frères COQUELIN, gloires à la Comédie Française.

Benoit-Constant, dit Constant COQUELIN, dit « COQUELIN Ainé » vient au monde le 23 janvier 1841. Son frère, Ernest Alexandre Honoré, dit « COQUELIN Cadet », nait le 16 mai 1848. Les frères COQUELIN ne se destinent pas au théâtre dans un premier temps ; leur père n’en veut pas entendre parler. Dans la boulangerie familiale de la Rue de l’Ecu, ils font leur apprentissage, en tant que mitrons. Ernest dira affectueusement plus tard de Constant, qu’avant d’avoir été un grand artiste, il avait été un grand « tartiste »… Constant aime les chansons, et pousse la note à la première occasion lors des réunions de famille. Plus que tout, il veut déjà jouer la comédie. Il réunit une bande d’amis qui ont eux aussi, le goût du théâtre. Tour à tour, il sera leur impresario, leur metteur en scène, et ne dédaigenra pas d’endosser les rôles principaux. Il joue pour la première fois sur les planches le 15 mai 1858, dans la « baraque », construction faite sur la place Navarrin pour remplacer le Théâtre de Boulogne qui vient d’être incendié… Il y joue trois pièces dans la journée, et y pousse la chansonnette. Son succès est énorme, et le Maire de la ville vient le féliciter en personne.

La résistance de son père est vaincue après ce tour exécuté avec brio. En octobre 1859, Constant prend le train pour Paris. Il rejoint la classe de M. Régnier, et neuf mois après, il obtient un Second Prix de Comédie.

Coquelin Ainé.

Coquelin Ainé.

Il débute le 7 décembre 1860 au Théâtre Français. Dans « Le dépit amoureux », il joue le rôle du Gros René. Tous les amateurs et connaisseurs de théâtre qui le voient alors lui prédisent un grand avenir. En décembre 1862, il doit remplacer l’acteur qui tient le rôle de Figaro dans « Le mariage de Figaro ». Il est célèbre dès le lendemain de sa première prestation, et il ne lui faudra plus attendre que deux ans avant d’être nommé Sociétaire de la Comédie Française. Il y jouera au début les rôles de grands valets. Il joue de son physique imposant et de sa voix de stentor pour s’imposer sur scène. Jusqu’à sa voix devient célèbre, on en parle partout. A Boulogne, son frère, heureux de la grande réussite de Constant, ne rêve que de le rejoindre, pour jouer lui aussi la Comédie… Ernest joue déjà un peu en fait, et il est une petite gloire locale. Il a convaincu ses parents de le laisser s’enrôler dans une troupe locale d’ amateurs, et chaque semaine il se produit devant les citadins. Il connait lui aussi la gloire, un soir où il enchaine trois rôles différents au théâtre de Boulogne. A l’âge de quinze ans et demi, scolarité accomplie, il obtient un poste de Professeur de Français, puis de Professeur de Dessin en Angleterre. Puis, il travaille un temps dans les bureaux des Chemins de Fer du Nord.

Coquelin Cadet

Coquelin Cadet

Mais l’appel de la scène est trop fort… Il part lui aussi pour Paris en 1864. C’est maintenant COQUELIN Cadet qui est devenu à son tour l’élève de M. Régnier. En juillet 1867, le plus jeune des deux frères remporte le premier prix de Comédie au Concours Public de Déclamation du Conservatoire Impérial. Par la suite, il est engagé à l’Odéon, puis devient rapidement aussi célèbre que son ainé. Sa voix est nasale, claironnante. Il excelle dans le comique de geste, la mimique… il devient un superbe interprète des personnages de Molière. Diseur et conteur exquis, il est le Roi du Monologue. Non satisfait de son rôle d’acteur, COQUELIN Cadet fait encore preuve d’héroïsme pendant le siège de Paris. Sa conduite dans le feu de l’action à la bataille de Buzenval le 19 janvier 1871 lui vaut de recevoir la Médaille Militaire.

C’est le 26 septembre 1867 que les deux frères mutualisent leur gloire. Ils sont revenus dans leur ville où ils se livrent tous deux à des performances. L’ainé campe Gringoire, rôle qui lui a valu l’année précédente les applaudissements de la Cour et du Tout-Paris. Le Cadet représente Jacque Spleen de l’Anglais ou le Fou Raisonnable, qui restera l’un des meilleurs rôles de toute sa carrière. Souvent, ils reviendront à Boulogne, soit ensemble, soit séparément, en tournée, ou pour s’occuper de spectacles de bienfaisance. Les deux comédiens seront adulés pour leur valeur égale. Pendant trente-cinq ans, ils seront l’objet de l’admiration des Français, et seront reconnus aussi à l’étranger…

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