A travers le temps… les corsaires de Boulogne – Suite 1

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Pierre BROQUANT, qui porte un état civil encore courant dans le bassin boulonnais aujourd’hui, est frère de Jacques BROQUANT, célèbre corsaire aux nombreuses prises. Margat de Saint-Nicolas, il est baptisé dans l’église de ce quartier le 04 septembre 1780. Il est le mari de Françoise Isabelle BOURGAIN. Corsaire à l’image de son frère, il commande La Princesse de POLOGNE lorsqu’il est promu Capitaine. Alors qu’il capture un navire ennemi en compagnie du Baron BUCAILLE le 10 janvier 1809, il perd son Second Maître Charpentier Calfat, François FOURNIER, tué dans l’action. Les combats sur mer sont durs, sauvages, et les Maîtres comme les Officiers ne sont pas plus à l’abri que la troupe. Pierre continue sa carrière de marin après la Restauration, et c’est à PORT-AU-PRINCE qu’il meurt, le 22 octobre 1824. Il était alors Capitaine, commandant Le Boucanier.

Marc BUTTEZ est l’un de ces corsaires peu connus, malgré leurs mérites. Il est le Capitaine de L’Entreprenant du 16 novembre 1811 au 30 juin 1812. Sa plus belle réussite reste la prise du Granero, qu’il effectue en collaboration avec le Capitaine ROUTTIER, commandant La Courageuse. Les deux équipages eurent à se partager 219 582,27 F. Lors de la même campagne de course, les deux bateaux prirent -encore en collaboration- la Suzanne.

Jacques François CARPENTIER a eu une courte carrière de course, en 1809 et 1810. Il a été marié à Françoise Nicole Claudine DEWISME. Le couple habitait Rue de la Porte wallote. Il est Capitaine commandant Le Fin Matois, de l’armement GASSER-TIESSET. Il appareille d’AMSTERDAM le 19 octobre 1809. Le 12 janvier 1810, il prend La Femme Gertrude, vendu 71975,61 F. Le 03 mai suivant, son navire se drosse( « est entraîné par les éléments » )et se brise sur la côte. C’est le dernier aléa de sa carrière de Loup de mer. Il décède le 15 septembre 1845, en l’état de Capitaine de navire à la retraite, veuf.

Pierre Charles CARY, qui naît en 1738, est fils de Pierre CARY et de Marguerite POURRE. Marié à Françoise Péronne DELPIERRE, il rejoint les rangs de la Royale. Il appartient à la flotte du Maréchal de CONFLANS, et combat contre la flotte de Lord HAWKE au large de Belle-Isle en 1759. Le Tribunal de Commerce de BOULOGNE le nomme Visiteur du port le 8 novembre 1792. En l’An V( 1796 / 1797), c’est comme Capitaine corsaire qu’il prend le Swan( un Cutter de 14 canons ). Il s’empare de L’Aventure en l’An VI( 1797 / 1798 ) . Félicité par le Directoire, il se voit attribuer une Hache d’Honneur. Retraité de la Marine, il décède en janvier 1838.

Pierre CARY naît en 1752 à BOULOGNE. Il est fils de François et Jeanne RAUX. Il est l’époux de Catherine FOURNY. En l’An VI( 1797 / 1798 ), il reçoit une mission de transport de la part de la famille CAZIN d’HARDINGHEN. Ceux-ci ont acheté une prise anglaise, le Rebecca

Avec ce navire, ils veulent faire amener des bouteilles de leur propre production à leur destination. Le Rebecca est alors passé sous pavillon prussien, et c’est Peter CARY( Un Allemand sans lien aucun avec Pierre CARY ), comme Capitaine, qui l’amène d’EMBDEN. Le Rebecca ayant déjà changé de propriétaire avant l’achat par les CAZIN, il se nomme momentanément « Longverwagth« , et est encore la propriété de M. Alexandre Julius ESCHERBAUSEN. Comme les fortunes de bateaux peuvent être aussi compliquées que celles des Hommes, parfois !

A la suite de cette mission, complexe uniquement sous le regard administratif et commercial, Pierre est capturé par les Anglais au large de LISBONNE, toujours en en 1798. Il est relâché la même année. A nouveau capturé par la Navy( le navire qui le prend s’appelle « Ilyoeua » ), il est détenu à PLYMOUTH. La cour n’arrivant pas à statuer lors du procès, il finit par être encore relaxé, et arrive à Calais avec son bateau le 27 septembre 1800. Quelles années pour notre marin ! Les choses sérieuses commencent alors… Pierre est Capitaine en Second sur le Boulonnais commandé par HARDOUIN, en Brumaire An IX. Il change encore de navire pour être sur L’Intrépide, Capitaine Pierre-Louis LANTONNE. Puis il rejoint LE HAVRE, où il sert à bord d’une canonnière. L’Homme à la carrière si chargée, est atteint par un boulet et a la cuisse emportée le 24 Prairial An IX( 13 juin 1801 )en rade du Havre. C’est dans cette ville qu’il meurt le 24 Thermidor de la même année( 12 août 1801 ), à l’âge de 48 ans. Il s’était remarié à Marie-Anne LAVALLEE, et sa veuve lui survécut jusqu’au 14 septembre 1840. Elle ne changea jamais de maison…

Bibliographie : -Échec à NELSON -( Les Corsaires Boulonnais de la Révolution à l’Empire ). ABC2E

Webographie : -http://www.descendants-capitainescorsaires.org/res_recherche.php

-http://data.bnf.fr/12007694/tribunaux_de_prises/

A SUIVRE… … d’autres corsaires boulonnais…

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