Mutatio H, une expo à ne pas manquer !

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C’est avec un très grand plaisir que nous avons assisté, mardi 1er décembre 2015, au vernissage de l’exposition de Daniel Peron et Jean-Luc Routier, à La Chapelle de l’ULCO, en compagnie du groupe OsmoZ’.

Une entrée dans un monde fantastique, onirique… Un ailleurs si proche, hors du temps, mais inscrit dans le nôtre.
Une belle rencontre avec Daniel Peron, qui a gentiment répondu à nos questions.

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Beau succès, ce mardi, pour Jean-Luc Routier et Daniel Peron, lors du vernissage de leur exposition.

Un voyage pour les spectateurs, la tête dans l’univers et les pieds sur la planète…

Pour y entrer sur la pointe des pieds et ne pas déranger les échanges entre les artistes et leur public, lors de cette rencontre si particulière, nous avons posé par écrit nos questions à Daniel Peron… Nous ne sommes pas critiques d’arts, nous préférons laisser parler les artistes !

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LYDLH : Quand a commencé, pour toi, l’éveil à la peinture ? Quels peintres constituent pour toi des jalons dans ton parcours esthétique ?

Très tôt ! J’ai toujours dessiné dès le plus jeune âge, gribouillé plutôt … Un événement m’a marqué : J’avais 8 ou 9 ans et lors d’un concours de dessin organisé dans les écoles primaires pour le jumelage avec Zweibrücken, j’ai remporté le 1er prix et j’ai même eu le privilège de bafouiller « dans le poste ». La directrice des Beaux-Arts de l’époque est venue sonner à notre porte afin de persuader mes parents de m’orienter vers des études artistiques. Mais, couple d’ouvriers, ils ont refusé bien sûr par crainte d’un avenir incertain dans ce domaine. Ensuite concours de l’École Normale (c’était plus sûr), prof d’Histoire, et toujours en parallèle la peinture …
Les peintres, une multitude ! Bosch, Dali bien sûr, Delvaux, Gustave Moreau, tous les peintres préraphaélites, Gustave Doré et son illustration de l’Enfer de Dante, Beksinski, Siudmak, des auteurs de BD (Druillet, Bilal, Caza), William Blake, Gaspard David Friedrich, Fussli, Delville, Leonor Fini, Hopper, Böcklin, Fuchs, et j’en passe…

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Le Piéton des Etoiles 2

LYDH : Comment et par quel cheminement as-tu choisi la voie du fantastique ?

Par la lecture. D’abord, très jeune, la SF et la littérature fantastique. Idem au cinéma. Même la Bible, je la percevais comme un immense récit légendaire. Par la suite, mes goûts se sont diversifiés mais même dans un roman quelconque, c’est l’atmosphère étrange, sombre souvent, que je privilégie toujours ….
Par la photo, argentique, à l’époque. Très loin de la photo reportage. Beaucoup d’heures de labo, d’essai de montage, avec la volonté de créer une atmosphère fantastique. Mais j’ai vite rencontré mes limites. Trop tributaire du contexte, du décor, de la réalité en fait.
C’est ainsi que je suis passé à la peinture. Tout était permis avec une toile blanche, des pinceaux et des pigments.

 

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Catalepsie

LYDH : En quoi veux-tu toucher le regard et la conscience des gens ?

Difficile à dire. D’abord, le but essentiel de tout créateur est de « toucher », émouvoir au sens propre. L’essentiel est donc bien dans la rencontre, l’instant fugitif où la sensibilité de celui ou celle qui regarde tombe en parfaite symbiose avec ce que je veux exprimer.
J’ai toujours tenté de peindre ce que je ressentais et comme je le ressentais, sans idées préconçues, sans contraintes ou volonté de coller à des modes ou courants divers. Avec des influences, bien sûr, que je revendique. Qui n’en a pas ?
Mais quand on se retourne sur le chemin parcouru, on peut cependant discerner des leitmotivs, des récurrences qui se sont imposés à moi au fil des ans, avec des variations, tant au niveau des idées que de la forme. Les stigmates, sous forme de vide, de matière et d’ombre, du malaise existentiel inhérent à notre condition et les traces d’une promesse, imaginaires ou non, inscrites dans la verticalité et la lumière. Questionnement ontologique, peut-être mais indissociable aussi pour moi d’un questionnement d’ordre plus politique, au sens large du terme: la nécessité d’une reconsidération des rapports sociaux, des interactions humaines et d’une ré-invention de notre rapport à la nature.

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Le Semeur

LYDH : Quelles sont ces « mutations » qu’évoquent le titre de l’expo ?

C’est un peu ce qui était souligné dans ma prise de parole.
Les choses vont de plus en plus vite, on dirait que tout s’emballe mais peut-être est-ce la perception d’un adulte déjà bien mûr qui a connu une perception du temps plus étirée.
Certains aspects du « progrès » m’inquiètent.
Un emballement de la science. Nanotechnologies, Biotechnologie, l’Intelligence Artificielle et les fantasmes de plus en plus prononcés de créer un jour des êtres sur-humains, le clonage, etc … semblent être des réalités bien proches (déjà plus qu’effectives aux USA) … Des docteur Frankeinstein riches et puissants qui rêvent d’un avenir d’immortalité qui leur serait réservé, évidemment.
Parallèlement à cela, le désastre écologique, le réchauffement de la planète qui est indissolublement lié aux mouvements de population et à la violence sous toutes ses forme.
 Anecdote : souvent, les jeunes, les étudiants, assez sensibles à ce genre de peinture, me disent : « c’est étonnant, derrière le fantastique, il y a des préoccupations du moment ». Or, sous des formes qui ont évolué un peu évidemment, cela fait 30 ans que je peins la même chose.

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Odyssée

LYDH : Alors, optimiste ou pessimiste ?

Plutôt pessimiste mais je me soigne.
J’essaie de voir les aspects positifs mais je retombe souvent dans un pessimisme qui reste latent. Comment ne pas être autrement ?
La beauté de la nature, les actes bienveillants de certains m’entraînent à penser que tout n’est pas perdu. Mais c’est tellement fragile ! Une autre crainte : ces problèmes à l’échelle mondiale risquent de devenir tellement prégnants que nos problèmes nationaux, sociaux essentiellement, risquent de paraître bien insignifiants. Et que certains, mal intentionnés, en jouent à loisir ….

*

Et les Vigies de La Hune s’inquiètent aussi… Créer une espèce de sur-humains, c’est aussi souhaiter l’existence de sous-humains, « insectisés » et perdus devant une demie-vie, dans la virtualité des écrans.

Une petite visite virtuelle de l’expo, à la découverte des oeuvres exposées par Daniel Peron et Jean-Luc Routier ? 

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(Et nous espérons pouvoir nous entretenir avec Jean-Luc Routier, dont nous avons beaucoup apprécié l’oeuvre, également !)

Nos oreilles n’ont pas été oubliées, lors de cette soirée, et nous avons découvert le groupe Osmoz’, porté par une jolie voix et trois guitares…

Et un beau livre à offrir…

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Daniel Peron, Seuils.

 

 

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2 réflexions sur “Mutatio H, une expo à ne pas manquer !

  1. Un grand merci à vous de m’avoir permis, le temps de cette expo, de monter à la hune ! De là haut, on voit le monde un peu plus beau, à travers le prisme de la distance … Un peu comme cette magnifique planète bleue lorsqu’elle est vue de loin, dans l’espace. Au fond de la conscience de chaque créateur (créatrice), quel qu’il soit, il y a, me semble-t-il, une vigie. Comme d’ailleurs dans tout honnête homme en général, comme vous le faites si bien. Alors optimiste ou pessimiste, peu importe … Toujours vigilant et attentif, présent au monde, là est l’essentiel. Que chacun ou chacune agisse selon ses possibilités et ses compétences ! Et entièrement d’accord avec votre conclusion !

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