Alexandre GUILMANT et l’Ecole Française d’Orgue.

Alexandre guilmant : « Alexandre-Guilmant » par Pénabert — La musique Populaire. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alexandre-Guilmant.jpg#/media/File:Alexandre-Guilmant.jpg

Alexandre guilmant : « Alexandre-Guilmant » par Pénabert — La musique Populaire. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons – https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Alexandre-Guilmant.jpg#/media/File:Alexandre-Guilmant.jpg

Il est des Hommes qui semblent, de par leur naissance, leur milieu, leurs fréquentations, prédestinés à assurer passivement le déroulement de leur destin. Alexandre GUILMANT, né à Boulogne-sur-mer en 1837, aurait pu être l’un de ceux-la. Il a été un Homme d’une autre trempe. Il a été de ceux qui, profitant d’un environnement a priori favorable, ont su en sortir pour créer l’œuvre d’une vie, pour créer ou réinventer la vie des œuvres.

Venu au monde dans une famille bien connue des Boulonnais pour son rapport à la Musique depuis plusieurs générations, il est devenu une référence d’importance dans le monde de l’Orgue, pour sa musique, qu’elle soit sacrée ou profane.

Il est le fils de Jean-Baptiste GUILMANT, Professeur de Musique et Maître de Chapelle originaire de NIELLES-sur-ARDRE. Ce dernier s’est marié en 1 825 à une Rennaise, enseignante de Musique. La carrière du père s’est continuée de 1 820 à 1 870 à Saint-NICOLAS.

Ce père, adhérent de la Société des Artistes Musiciens du Baron TAYLOR, va, avec une sœur pianiste confirmée, apprendre la Musique à Alexandre. Celui-ci apprend l’art du piano et du violon avec cœur, mais voue une véritable passion à l’orgue et à l’harmonium.

Cela tombe bien ; à l’égal des grandes villes de notre pays en ces temps, notre cité possède une très importante bibliothèque musicale, ce qui offre l’opportunité à Alexandre d’entendre une grande collection d’œuvres de tous ordres.

C’est ainsi qu’à l’âge de dix-huit ans, il écrit déjà des motets et deux Grandes Messes avec orchestres( il avait déjà composé des Noëls à celui de quatorze ans ). On le remarque maintenant, et sa réputation sort du bassin : -On parle de lui dans la presse parisienne.

Puis il se voit nommé Professeur de Solfège supérieur à l’École Municipale de Musique, fonde un orphéon, donne des concerts, inaugure d’autres orgues, joue périodiquement en Angleterre… et crée le Cercle BEETHOVEN. Son activité semble ne pas avoir de limites. Il est encore nommé correspondant de l’École de Musique Religieuse( l’École NIEDERMEYER ).

En 1 860, un événement de grande importance survient dans la paroisse de Saint-NICOLAS ; on a commandé un orgue moderne à l’entreprise MERKLIN-SCHÜTZE, et il semble qu’Alexandre ait eu des leçons sur cet instrument en atelier… il se perfectionne, et devient un maître, qui donne un concert en solo en 1 862 sur le grand orgue de Saint-SULPICE, à l’invitation d’Aristide CAVAILLE-COLL. Afin de sceller son entrée dans la vie parisienne, il est de l’inauguration de Notre Dame en 1 868… et enfin, c’est en 1 871 qu’il remplace Alexis CHAUVET au Grand-Orgue de la Trinité.

Par un auteur élevé comme à la source de la Musique, la production d’Alexandre GUILMANT a été à la fois des plus florissantes et des plus diversifiées. En cela, son grand talent d’improvisateur tout comme sa fonction d’éditeur lui laissaient toutes possibilités de publier les morceaux de son choix. Il a ainsi l’occasion de publier de grande œuvres selon son goût, tout en veillant à partager des morceaux plus légers, ou plus simplement faciles d’exécution ; son souhait était de fournir aussi de quoi jouer aux serviteurs musicaux des paroisses, sans esprit d’élitisme. Il crée donc des morceaux de tous les genres susceptibles d’être utiles aux messes ou au programme des concertistes.
C’est par et pour ces raisons que ses œuvres pour orgue se groupent en trois collections :

Les Pièces en différents styles sont plusieurs dizaines de compositions variées ;

L’Organiste Pratique est une compilation groupant des pièces pour harmonium ou éventuellement pour petit orgue sans pédale indépendante( morceaux arrangés presque tous ultérieurement pour grand-orgue avec pédale obligée, une seconde édition ayant vu le jour dans ces cas ).

L’Organiste Liturgique, réservé uniquement à des pièces nécessaires au service des messes et autres célébrations religieuses.

Notons-le, ces collections n’ont en aucune façon été créées l’une après l’autre, mais au fur et à mesure de l’inspiration et de la source créative de l’auteur. Bien que disposant d’un « esprit symphonique »( d’ailleurs, sa famille n’a-t-elle pas été comparée à celle des BACH ? -N’a-t-il pas vu ses choix comparés à ceux de BEETHOVEN ? ), la Sonate répondait mieux au caractère, à la mentalité d’Alexandre. Sa Musique se voulait accessible au plus grand nombre, populaire…

Pour avoir été un compositeur prodigue, tout autant que prolixe, Alexandre GUIMANT n’en a pas moins été un collectionneur avide. De livres, et de partitions, surtout. Il a dévoré des partitions, littéralement. Ami de la plupart des organistes de son époque, il se faisait fort de jouer de leurs pièces à chacun de ses récitals, de ses concerts… Que n’a-t-il transcrit et recopié des partitions de Musique ancienne ! Des dizaines et des dizaines… Ses déplacements et performances hors de France lui ont permis d’accumuler une connaissance pleine et unique en France du grand répertoire de l’orgue.
A une passion aussi dévorante, seules des qualités de gestion et de classement hors-normes pouvaient souscrire.

Des qualités tellement présentes chez Madame GUILMANT qu’on peut parler d' »équipe à deux » pour nommer le musicien.
Lui, effectuait ses représentations, voyageait pour l’Art, dirigeait la maison d’édition. Elle, la gérait. Lui composait, créait… et elle, s’occupait de tout le reste. Elle, gérait le calendrier de récitals, administrait les concerts( dont ceux par exemple au Trocadéro, avec tout de même 5 000 places… )…

Alexandre GUILMANT, né pour ainsi dire dans la Musique, avait depuis tout enfant développé l’intérêt pour la recherche, la curiosité de tout phénomène musical. Intérêt et curiosité dont il ne se départit jamais, et qui finirent par prendre énormément de places. A la question du manque, un déménagement à MEUDON en 1 881, pour aller habiter dans une villa, apporta une réponse. Dès lors, le stockage et la gestion furent plus aisés pour Madame GUILMANT.

Le noyau de la bibliothèque personnelle d’Alexandre a été conservé pour sa plus grande part à La SORBONNE. Un bibliothèque emplie d’œuvres achetées compulsivement, notamment pour ce qui est de celles qui avaient trait à l’orgue…

Si son arrivée dans une famille de musiciens a forcément et logiquement influé sur son goût pour la chose musicale, le fait que des proches aient été facteurs d’orgue lui a légué une connaissance approfondie et détaillée de son instrument.
Il fut un conseiller, tant auprès de paroisses que de facteurs d’orgues, et il fut appelé pour inaugurer des instruments partout en France. Tant que des études chiffrées n’auront pas été faites, son empreinte globale restera difficile à objectiver… mais tous les spécialistes de l’orgue la reconnaissent implicitement.
Il a influencé l’esthétique de l’instrument.
Dans l’Encyclopédie LAVIGNAC, il a tout naturellement été désigné comme auteur de l’article généreusement écrit sur la Musique d’orgue. Il a influencé la méthode française du XX° Siècle.
Il a toujours été généreux avec ses élèves, en bon pédagogue. Il leur a fourni un accueil propice au travail d’apprentissage, tout en leur léguant des savoirs techniques de grande valeur, ainsi qu’il leur a inculqué des savoir-être que, selon lui-même, doit développer l’artiste musicien.
Un organiste… un musicien… un guide… un chercheur… un pédagogue… un musicologue… un père aimant… un mari attentionné. Alexandre GUILMANT a été tout cela.
Après le décès de son épouse, il n’a presque plus rien composé. Il s’est consacré à ses élèves, et à ses recherches… la Musique… toujours la Musique ! Son œuvre était déjà écrite, et il ne lui restait plus qu’à s’éteindre, doucement… ce qu’il fit en 1 911, trois ans après sa Femme.

Alexandre GUILMANT a changé la Musique d’orgue, en lui apportant sa passion et son savoir…

Extrait :                   Première Symphonie pour orgue et orchestre op. 42 :

Bibliographie :       Pour en savoir plus : -Alexandre Guilmant( 1837-1911 ) – Kurt LUEDERS et   -Didier HENNUYER.
Édité par la Municipalité de Boulogne-sur-mer.

          Webographie :        https://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Guilmant

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2 réflexions sur “Alexandre GUILMANT et l’Ecole Française d’Orgue.

  1. Un géant du monde de la musique, en effet… Et aujourd’hui commence, en Pas-de-Calais, le Festival Contrepoints, dédié aux œuvres pour orgues, où viendront jouer les plus grands organistes. Dommage que la programmation ne passe pas par Boulogne !
    En revanche, en hommage à Alexandre Guilmant, a lieu chaque année à Boulogne le Festival International d’Orgue, dont c’était cette année la 23ème édition organisé par l’Association des Amis de l’Orgue du Pays Boulonnais et environs. Notre compositeur y est rarement oublié, et ce Festival porte son nom…

    Aimé par 1 personne

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