Le Capitaine FRESSON, calme et terrible.

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Il est des Hommes qui écrivent l’Histoire mot à mot. Nous avons déjà parlé ici de certains qui en créèrent des paragraphes complets. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Jean FRESSON y alla de son chapitre en dédiant sa vie à la mer… là où la chronique parfois, se perd…

L’Homme naît le 30 juillet 1 765. Son père, Oudart FRESSON, matelot, est marié avec Marie-Nicolle COZETTE. Jean s’est marié avec Marie-Françoise BATTEL le 25 Brumaire An II( 15 novembre 1 793 ), fille d’un Capitaine de bateau.

Jean est mousse au commerce dès qu’il atteint treize ans, puis passe au service de la Marine de Guerre en 1 779, sur le cotre Le Serpent. En 1 783, il quitte la Marine royale pour revenir à la Marchande.

Il est nommé Commandant de La Brillante, une canonnière, le 22 Germinal An II( 11 avril 1 794 ). Avec ce navire, il escorte de DUNKERQUE à CHERBOURG des navires de commerce, et les protège avec succès des Anglais. En effet malgré plusieurs tentatives, escarmouches et poursuites, il ne « perd » pas un navire en deux ans.

En l’An IV, il est sur le Lançon, lougre de 25 hommes d’équipage armé d’un canon. En coopération avec Le Poisson-Volant du Capitaine Hercule LANTONNE, il prend un trois-mats de 300 tonneaux, L’Espérance. Malgré la chasse que lui donne un Anglais de 14 canons, il réussit à amener la prise dans le Port de Boulogne. Blessé dans cette action, il devra abandonner momentanément le service. Il le reprend le 4 Messidor de la même année( 22 juin 1 796 ), en assurant le Commandement de la péniche n° 1 de la Flottille de BOULOGNE, jusqu’au 3 Frimaire An VII( 23 novembre 1 798 ). Une convalescence de mer…

Il reprend la course aux commandes d’un Brick de 67 tonneaux, l’Anachréon, du 13 Frimaire au 12 Ventôse An VI( du 03 décembre 1 797 au 02 mars 1 798 ). Durant la période, il prend sept navires. En raison de sa zone de chasse, il trouve alors plus pratique d’amariner ses prises, et de les détourner sur la Norvège. Petit à petit, son équipage d’origine diminue, ce qui l’oblige à garder à son bord des prisonniers pour les employer… Lorsque que ceux-ci sont soixante-quinze pour trente corsaires français, ils tentent par deux fois de se révolter… Mais le sang-froid qui colle à l’intrépidité de Jean FRESSON lui permet de mater les mutins…

Du 17 Frimaire au 21 Germinal An VIII( du 08 décembre 1 799 au 11 avril 1 800 ), il est Maître à bord de L’Escamoteur, 50 hommes d’équipage, 10 canons. Malgré l’aide de son Second, François CARPENTIER, une seule prise sera faite en cinq mois… ce sera le tour du malchanceux Tom… La chance sera au rendez-vous sur le bateau d’après ; du 17 décembre 1 807 au 21 juin 1 808, c’est avec L’Oiseau -60 hommes d’équipage et 16 canons- qu’il s’empare du Voorigtigheit, qui transporte du vin. Avec L’Oiseau n°2 du 07 septembre 1 808 au 27 mars 1 809, il prend le Pegasus, le John et Joseph, L’Industrie, le Henry. Il ajoute, en coopération avec Le Génie du Capitaine CORNU, le Bedford. Deux prises supplémentaires seront de faible rapport, la Marine Impériale exerçant son Droit de Préemption sur les cargaisons. Il s’agit du Alexander, et du Gustave.

Ainsi sont faites les fortunes de mer… réarmé ensuite, L’Oiseau n°2 ne fera aucune prise. Ainsi, le corsaire doit reverser à son armateur la ronde somme de 26 537,07 Francs. La décimale interroge, et laisse presque rêveur…

C’est pour les armateurs FONTAINE et MERLIN-DUBREUIL que Jean commande l’Aurélia, du 17 avril 1 810 au 30 janvier 1 811. La campagne est assez bonne, mais ternie par sa fin… Sont pris le Vriendshapt, l’Onvervagt, et le Jonge Gerard. Notons que le Quartier-Maître COFFYN, de DUNKERQUE, est tué lors de la dernière prise de la course, qui est le Vrouw HENRICA. Une dernière prise à plus d’un titre, et pour plus d’un…

Ajoutons à cette vie de guerrier que Jean FRESSON, comme de nombreux corsaires, en a sauvé plus d’une. En l’An IV, il sauve un Hussard qui se cramponne à la quille d’une embarcation avariée par la tempête, sur la côte de CALAIS. Il empêche de même la noyade du Mousse MORAS( qui deviendra Capitaine )dans le Détroit de GIBRALTAR. Il sauve du même péril LENNUYER, dans la rivière de ROTTERDAM, en 1 785. En 1 789 il plonge dans le Port de DIEPPE, et sauve l’un après l’autre les deux enfants du Capitaine SABAT, que la marée avait piégés et que la mer emportait.

Pour ces raisons, il recevait la Légion d’Honneur « pour services exceptionnels » le 15 Pluviôse An XII( 05 février 1 804 ), et était élevé au grade d' »Enseigne entretenu », en même temps qu’il se voyait attribuer la fonction d' »Inspecteur aux signaux des côtes » de l’arrondissement de BOULOGNE.

Jean FRESSON commandait encore plusieurs navires de commerce, de 1 807 à 1 817, jusqu’à sa retraite. Après une quarantaine d’années de navigation, le brave et calme Capitaine corsaire mourrait le 30 mars 1 828… pour ajouter à sa légende, on ne sait où il est décédé, les registres de la ville de BOULOGNE ne le mentionnant pas… Il est parti ailleurs… Jean FRESSON, toujours en partance…

Bibliographie : -Échec à NELSON -( Les Corsaires Boulonnais de la Révolution à l’Empire ). ABC2E

Webographie : -http://www.descendants-capitainescorsaires.org/res_recherche.php

-http://data.bnf.fr/12007694/tribunaux_de_prises/

-http://fournetmarcel.free.fr/corsaires.htm

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