Vidéo ! De la griffe à la plume… aux Annonciades.

A la bibliothèque des Annonciades, jusqu’au 20 septembre 2015, on peut admirer quelques uns des plus beaux manuscrits conservés à Boulogne, sur le thème « De la griffe à la plume » : manuscrits médiévaux, livres imprimés anciens, enluminures et gravures, où s’épanouissent griffons, licornes et dragons, hybrides et monstres, créatures étranges, effrayantes ou oniriques.
C’est une trentaine d’œuvres qu’on peut ainsi découvrir, le manuscrit le plus ancien remontant au IXème siècle…

Les Annonciades

Les Annonciades

La bibliothèque des Annonciades, comme bien d’autres monuments de la ville, tel le Château-Musée, a connu un destin bien tourmenté…

C’est tout d’abord le siège de l’hôpital Sainte-Catherine, dès le XIIIème siècle, tenu par des sœurs franciscaines, au service des plus démunis, malades, mais aussi indigents, vieillards, mendiants et pèlerins, avant la fondation de l’hôpital Saint-Louis, en basse ville. Puis, après le Concile de Trente, qui s’achève en 1563, en réponse à l’expansion du protestantisme, les religieuses se cloîtrent et s’affilient à l’ordre contemplatif des Annonciades. voué à Marie. Le couvent prend alors un nouvel essor, et entre 1772 et 1779, c’est l’architecte boulonnais Giraux-Sannier qui supervise les travaux qui donne au bâtiment sa physionomie actuelle.

Le cloître

Le cloître

Puis l’histoire rattrape ce lieu de silence. Après la révolution, le couvent devient successivement prison, entrepôt militaire, et de nouveau hôpital, ne retrouvant sa vocation religieuse que pour accueillir le siège paroissial, entre 1803 et 1868, après la destruction de la cathédrale médiévale gothique de Boulogne, et avant la construction de l’actuelle Notre-Dame, pour devenir finalement un pensionnat pour jeunes filles.

Lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat, en 1905, les religieuses quittent Boulogne, et le couvent des Annonciades devient bâtiment laïc, et une bibliothèque municipale en 1975.

Mais à l’origine de la constitution du fonds de cette bibliothèque, on trouve deux anciens Oratoriens, membres de cet ordre très influent à Boulogne, sous l’Ancien Régime : Pierre-Claude Daunou (1761-1840), député du Pas-de-Calais, et Jean-Baptiste Isnardi, professeur à l’Ecole Centrale du département, qui, grâce à la ténacité de Daunou, siège à Boulogne et non à Arras. Dès 1869, la bibliothèque s’ouvre à un public populaire. En 1867, ce fonds exceptionnel est classé.

Godefroy de Bouillon et l'évêque du Puy chevauchent vers la Terre Sainte, enluminure de l'Histoire d'Outremer de Guillaume de Tyr, 1287. Provenance : Saint-Bertin.

Godefroy de Bouillon et l’évêque du Puy chevauchent vers la Terre Sainte, enluminure de l’Histoire d’Outremer de Guillaume de Tyr, 1287. Provenance : Saint-Bertin.

Les riches manuscrits que renfermaient les couvents, abbayes, et autres établissements religieux de la région, appartiennent désormais à tous :

  • 200 manuscrits médiévaux, venus de toutes les abbayes du Nord, de Saint-Bertin de Saint-Omer, de Saint-Vaast d’Arras, du Mont-Saint-Eloi… Un trésor qui s’expose aujourd’hui dans le monde entier, au gré des expositions temporaires.
  • une centaine d’incunables, ces livres imprimés en Europe avant 1500, aux premiers temps de la diffusion de l’imprimerie de Gutenberg. Près de 500 livres proviennent des dons du frère d’Auguste Mariette, Alphonse, à la fin du XIXème siècle.
  • 70 000 imprimés, dont les éditions originales des savants, artistes et écrivains boulonnais : Auguste Mariette encore, mais aussi Camille Enlart, Ernest Hamy, Angellier, Jéhan Rictus, Pierre-Claude Daunou, Sainte-Beuve, Henri Malo, ou encore Valentine Hugo… Des donations privées enrichissent peu à peu ce fonds, lorsque la bourgeoisie boulonnaise se montre fort amatrice de biens culturels, et particulièrement de livres.
  • Une collection iconographique très riche, constituée notamment des 500 photographies d’Henri Caudevelle, prises en 1900, de plus de 5000 cartes postales anciennes, ou le fabuleux legs de Camille Enlart : 18 000 épreuves de monuments du Boulonnais, réalisés par l’archéologue en personne…
  • 2000 titres de périodiques anciens, locaux, régionaux ou nationaux, conservés depuis le XIXème siècle, inestimable ressource pour les chercheurs.
Horae Beate virginis, XIVème siècle. Provenance : Saint-Vaast.

Horae Beate virginis, XIVème siècle. Provenance : Saint-Vaast d’Arras.

Aujourd’hui, les Annonciades constituent un lieu de culture, fréquenté par les lecteurs de tous âges, les chercheurs, et qui vit également au rythme des conférences, des concerts et des expositions…

De la Griffe à la Plume est sans doute l’une des plus réussies. Découvrons-la ensemble en vidéo, les Moussaillons !

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5 réflexions sur “Vidéo ! De la griffe à la plume… aux Annonciades.

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