Vidéo : Le Calvaire des Marins de Boulogne.

Le Calvaire des Marins« Il y a trois  sortes  d’hommes  : les  vivants,  les  morts,  et  ceux  qui  vont  sur  la mer », Anacharsis (?)

Depuis des siècles, pour rappeler les périls qui guettent tous les marins, le calvaire domine, des falaises, la plage de Boulogne et veille sur l’entrée de la rade… Comme une mise en garde, comme une prière pour ceux qui sont en mer, comme un sanctuaire pour ceux qui n’en sont jamais rentrés et y reposent à jamais.

C’est un lieu chargé d’émotions, habité par les espoirs, les angoisses, les pleurs et les regrets, où chaque stèle rappelle le souvenir de frères, de pères, de fils, de maris ou d’amoureux disparus.

L'ancien Calvaire

L’ancien Calvaire

Dans le monde des marins, quand on ne peut pas se fier aux éléments, on s’en remet à Dieu, au rythme de tragédies qui affectent des familles entières.

Pendant des siècles, ce sont des noms de saints ou d’invocations divines qu’on leur attribue : Notre-Dame-de-Boulogne, Tout-à-Jésus-et-à-Marie, La Providence…

A bord prend place « une statue de la Madone, celle d’un saint, ou un crucifix, une branche de buis bénit », comme l’écrit Ernest Deseille, dans son ouvrage sur l’équipage du bateau 101… Au-dessus du gouvernail, par la force des superstitions, un fer à cheval… Pour sa première sortie, face au Calvaire sur la falaise, le patron prononce, casquette à la main, un Pater Noster.

« Toutes les précautions sont prises pour naviguer sur une batiauwe du bon Dieu, et non pas sur un mécant morciau d’bos ». Ernest Deseille, L’Equipage du Bateau 101, 1883.

Calvaire des Marins2

On peut aisément imaginer qu’avant la christianisation du Boulonnais, existait déjà des sanctuaires dédiés à des divinités marines, auxquelles on demandait protection, avant de s’embarquer…

Avant l’édifice que connaissent bien les Boulonnais, se dressait sur la falaise un bâtiment dévolu au souvenir des disparus, à l’emplacement de l’ancienne Tour d’Ordre, détruite au XVIIème siècle, et où les habitants du quartier de Saint-Pierre aimaient se retrouver.

Souvenirs de pères, de fils, de maris disparus...

Souvenirs de pères, de fils, de maris disparus…

Vivants et morts se côtoyaient dans un dialogue quotidien… Et c’est de là, sans doute, qu’on scrutait la mer dans l’espoir de voir rentrer à bon port les bateaux.

Détruit en mai 1940, le bâtiment est reconstruit grâce à une souscription publique, sur initiative de la marine boulonnaise. Mais l’érosion des falaises fait son oeuvre…

En 1996, suite à un glissement de terrain, l’année précédente, un nouveau Calvaire est inauguré pour remplacer l’ancien, à demi effondré.

Une plaque commémore le nom de tous ceux qui ont péri en mer depuis 1597. On y retrouve des noms bien connus des Boulonnais… 139 Delpierre, 136 Leprêtre, 124 Bourgain, 102 Malfoy, 75 Gournay…

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On y trouve la mémoire de jours terribles, comme ce 14 octobre 1881, où une tempête envoya par le fond six harenguiers, au large de Yarmouth, faisant 109 victimes parmi les marins Boulonnais et autant de veuves et de mères éplorées, et d’orphelins.
On y voit aussi, sur une autre plaque, les noms des navires, bâtiments militaires ou chalutiers, où périrent 300 marins, coulés lors des Première Seconde Guerres Mondiales.

Bien moins fréquenté aujourd’hui, au bénéfice des progrès technologiques qui rendent plus rares les naufrages, mais surtout à cause du déclin de la pêche boulonnaise, ce monument porte la mémoire des siècles de cette sorte d’hommes qui « vont sur la mer » et ne ressemblent pas aux autres.

Aujourd’hui, nous n’entendons plus très souvent le salut au calvaire que donnaient les bateaux, par trois coups de trompes, en entrant et en sortant de la rade…

Nous vous offrons une visite en images…

(Merci à Antonia Jumelin pour son idée d’article !)

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5 réflexions sur “Vidéo : Le Calvaire des Marins de Boulogne.

  1. Quelle réactivité ! Touchée ! Parce que ce lieu résonne en moi de façon particulière…
    D »une famille de marins, on avait l’habitude d’y aller. Assez souvent. Petite, toute petite je jouais .. puis j’ai appris à lire et mon cœur s’est serré … Puis j’ai appris à vivre et j’ai pu apprécier : le recueillement, le calme, le souvenir mais aussi le courage et le dépassement des peurs que forcément les marins croisent au long de leur vie…
    Merci ! Vraiment ! Du fond du cœur !
    Quand à la musique, elle me va bien car si marin on est, alors jamais seul on est dans un port, où que l’on se trouve dans le monde.

    Aimé par 1 personne

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