Jacques-Oudard FOURMENTIN. Autrement dit… Le Baron BUCAILLE.

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Petits navires à l’assaut – ( histoiremaritimebretagnenord.fr/%C3%AEle-de-batz/histoire-de-l-%C3%AEle-de-batz-page-2/ )

Nota Bene : Le prénom « Oudard«  est français, et spécifiquement boulonnais. C’est une déformation du prénom anglais « Eduard« .

Jacque-Oudard, enfant de « La Burière« , nait le 22 février 1764. Ses parents sont Marguerite ALTAZIN, appartenant à une célèbre famille de mer, et Nicolas DENIS, dit « Denis », maître-pêcheur. Toute la famille habite près du Mont Saint-ADRIEN, sur la falaise, à deux pas du port. On ne sait d’où viennent les FOURMENTIN, bien que la famille apparaisse sur les registres depuis le XVI° siècle. Les ALTAZIN viennent eux, d’AUDRESSELLES et de WISSANT. Les deux Grands-Pères du nouveau-né sont maîtres-pêcheurs. On comprend déjà pourquoi le petit se tourne très tôt vers la mer et ses métiers. Il arrête d’aller à l’école très tôt, car il est orphelin dès 1773 -son père périt en mer cette année-la. Il est mousse l’âge de sept ans et demi.

Lors de son enrôlement, son Maître de stage est Pierrotin DELPIERRE, et le voilà Inscrit maritime et dans la Royale, à l’âge de 18 ans. Il rejoint Brest, où il embarque sur un vaisseau de ligne, L’Éveillé. Quand l’escadre de l’Amiral-Comte d’ESTAING rejoint le siège de GIBRALTAR, habitué qu’il est déjà à la Manche et à la Mer du Nord, il se signale par son habileté à naviguer en Méditerrannée dans la tempête. Il est nommé « Patron du grand canot ». Ses camarades d’équipage le décrivent comme un Homme toujours calme, robuste, vaillant à l’effort, de haute stature. On dit que sa vue est perçante, bien plus que celle de tout autre.. Quand vint la fin de la bataille, FOURMENTIN reprit sa vie de pêcheur à BOULOGNE.

En 1786 le service de l’État l’oblige à arrêter ce qu’il préfère de loin à tout autre métier : la pêche. Il est nommé pilote d’un navire de commerce qui navigue entre CHERBOURG et CALAIS.

Déjà Marin du Roi et pêcheur, l’Homme va se distinguer en appliquant des qualités de sauveteur à son métier. En 1791, en compagnie de son frère Denis, de Jean FOURNY et de Jacques BROQUANT fils, de Jean-Marie DELPIERRE et Charles LOBET( dit « Borgniot » ), il sauvent l’équipage de L’Unio, navire dunkerquois échoué dans la Baie Saint-JEAN. On doit à titre personnel à Jacques-Oudard le sauvetage du Commandant blessé, Jacques MESMAKER. Les amis échouent leur navire de pêche, et le sauveteur prend la victime sur son dos, marche dans la neige jusqu’à trouver une cabane où tout le monde pourra se réchauffer en sécurité. A cette occasion, La Société des Amis de la Constitution de Boulogne va organiser une cérémonie, au cours de laquelle la République décernera des médailles d’argent à cet équipage valeureux.

En 1793, les hostilités reprennent avec nos meilleurs ennemis, les Anglais. La pêche devenant difficile à cause de la guerre, de la tenue en basse estime des marins par le Conseil du District, FOURMENTIN décide de devenir corsaire. Il embarque comme matelot sur une péniche, L’Égalité. La malchance veille sur l’équipage… le 20 février, une frégate de la Navy les capture. D’abord emprisonnés à DEAL, puis à GASPAR FORTUNE, les Hommes réussissent à s’évader de nuit, puis à voler un cotre en bordure de mer. Ils touchent terre à FECAMPS.

Reprenant su service, il embarque sur Le Souffleur, cotre de 14 canons. Sa vie se stabilise, et il épouse Marie-Jacqueline DELPIERRE le 7 décembre 1794. Suivent six semaines à terre, et il reprend la course, sur La Brûlante, Capitaine FRESSON. Le 17 juin de la même année, c’est avec Le Furet, une péniche, qu’il part de BOULOGNE. Il ramène le lendemain à CALAIS un charbonnier capturé dans les eaux anglaises. Avec ce petit navire armé par les frères DELPORTE, les prises se multiplient. Le corsaire est maintenant connu et craint par ses ennemis, comme le signale un incident arrivé la même année( -D’ailleurs, les Anglais le rechercheront activement à partir de 1797… )En attendant, fort de ses six canons, FOURMENTIN s’attaque à un moment donné à Brick anglais qui amène son pavillon après une demi-heure de poursuite et d’engagement. Alors que les deux bateaux sont à l’arrêt et qu’on se prépare à amariner la cible, celle-ci tire une salve sur le corsaire, ignorant sa propre parole, donnée en capitulant. La péniche n’arrivera plus à la rattraper. TRUGUET, Ministre de la Marine et des Colonies, adresse une lettre de félicitations à Jacques-Oudard FOURMENTIN : « …[l’Anglais]qui a forfait lâchement à sa parole, au mépris des lois de l’Honneur.[ … ]Votre valeur me répond des succès de votre vengeance. »

Le corsaire se vengera, en effet, et bien des fois. Le 15 novembre 1796, il s’attaque avec Le Furet encore à un Sloop de 100 tonneaux. Il le prend à l’abordage, et va aussitôt après combattre un cotre de 16 canons, le Swallow, qui prend la fuite. La même journée, il prend huit autres bâtiments, et malgré le feu des batteries côtières de HASTINGS, fait 88 prisonniers, tout en forçant par la manœuvre 14 autres navires à s’échouer. Le Moniteur du 19 novembre le dit : « Le Capitaine FOURMENTIN a soutenu dans cette rencontre sa réputation d’homme brave et d’excellent manœuvrier. »

Ces succès permettent au couple d’acheter une maison dans le Coin Menteur, installée au n°83 de la Rue de l’Écu. Ils y passeront toute leur vie restante. L’habitation ne fut détruite par des bombardements qu’en 1944…

Il a acquis une telle réputation comme corsaire qu’en 1797, les armateurs lui proposent de lui faire construire un bateau. Ce sera Le Rusé, lougre armé de 10 canons, à l’équipage de 75 marins, qui fera sa première course dès la même année. Décidément, la « course », lucrative, porte bien son nom.

Avec son nouveau bateau, Jacques-Oudard pourra aller plus loin, plus vite. L’aptitude du navire à affronter la mer et les éléments est plus grande. Ses frères Denis, Nicolas et Jean-Jacques embarquent toujours à son bord depuis un certain temps… ces Hommes regardent l’avenir avec une confiance certaine… mais lors de sa première sortie, une tempête surprend Le Rusé qui est démâté. On opérera donc avec un lougre de remplacement, l’Enjôleur, de 36 Hommes seulement. Ce bateau équipé de quelques pierriers lui permettra de ronger son frein, et de capturer diverses prises dont un Brick de 14 canons, rempli de charbon. Enfin un beau jour, son navire revient réparé…

De ce jour, le corsaire promu Capitaine descend chasser jusqu’à DIEPPE, et son nouveau bâtiment lui permet de faire la course en compagnie. Avec Robert CARY, commandant L’Unité, ils prennent l’Anna, le Révolution, l’Aventure, le Cambria. Seul, il capture le Charles. Il a affiné ses techniques de guerre et de course. Se sachant recherché par les « Rougets »( les Anglais, comme les marins boulonnais de ce temps les appellent ), il se fait passer parfois pour l’un d’entre eux… Quelques-unes de ses victimes purent le prendre pour un navire-pilote anglais. Mais les marins de Sa Majesté devinrent plus méfiants avec le temps… et le 22 décembre 1797, son navire reçoit une volée de boulets et de mitraille, tirée de bord à bord, par ce qui ne semblait être au départ qu’un navire marchand… aidé en cette occasion par l’Espiègle commandé par Jean-Pierre Antoine DUCHENNE, on vient à bout du Growler et de son équipage. Les survivants de ce terrible combat ramènent la canonnière anglaise grimée en navire de commerce à ETAPLES où ils choisirent de s’échouer, poursuivis par une frégate anglaise qui leur donnait la chasse, les ayant trouvés diminués… la marée suivante les a ramenés à BOULOGNE…

En 1798, Jacques-Oudard rembarque sur L’Enjôleuse. Avec Le Furet n°1, il se met en course le 21 avril… Les deux bateaux sont sensiblement de puissance égale, et ils vont s’attaquer en Manche à un convoi de 90 navires marchands venant de LISBONNE. Malgré les quatre navires de guerre qui le protègent, le train de bateaux va perdre des unités. L’Hibernice, Le Doris, le Haddock, chargé de denrées coloniales, et La Bienfaisance, chargée d’eau de vie, sont pris.

Les affaires et la course marchent décidément bien pour le Capitaine corsaire. Mais sur les instances de son épouse inquiète pour lui, il se retire et devient Officier de port au HAVRE, le 18 décembre 1798. L’arrivée de Jacqueline-Gabrielle a surement décidé son épouse à l’inciter à un avenir moins risqué. La petite est la petite soeur de Jacques, dit « L’Aîné », qui a trois ans à ce moment. Qu’à cela ne tienne, va pour Le HAVRE, où naîtra le troisième de leurs enfants, Jean-Marie, le 20 frimaire An X( 11 décembre 1801 ).

Quatre années de calme presque domestique dans une existence qui a été jusque-là marquée par la prise de risque, la brutalité et la confrontation avec la mer… c’est un arrêt, une de ces pauses courantes dans la carrière d’un corsaire. Le métier est dur.

Mais Jacque-Oudard n’a pas oublié ce 24 nivôse An VII, quand, rappelé à BOULOGNE, il avait entendu les derniers mots de L’Aîné.

Jacques-Oudard Fourmentin

Jacque-Oudard FOURMENTIN, Baron BUCAILLE.

En effet, Le Grand Furet commandé par Denis FOURMENTIN et Le Rusé commandé par Pierre AUDIBERT avaient attaqué un navire de commerce anglais. Ce croiseur masqué en navire marchand a attendu d’être quasiment abordé pour démasquer ses 20 canons et ses 4 obusiers, et pour révéler son équipage renforcé… Le combat a duré plus d’une heure, et Denis fut blessé par deux fois, dont une à la poitrine. Malgré ses protestations, l’équipage le conduisit dans sa cabine, et le coucha. Il en sortit et revint sur le pont. Lorsque le Capitaine de la Navy fut lui aussi blessé, l’Anglais découragé par la bonne tenue du Français abandonna le combat pour aller soigner ses blessures à DEAL. Jacques-Oudard arriva à temps pour entendre Denis lui dire : « La mort ne m’effraie pas, mais je meurs trop tôt ! L’Anglais m’a tué… toi, « Bucaille » FOURMENTIN, je te connais. Tu me vengeras… » Et lui, qu’on surnommait déjà « bucaille »( « asséner », « frapper fort » en patois du Boulonnais ), avait juré. Il vengerait son frère.

Quatre années de paix et de tâches administratives lui ont donc suffi. Il s’impatiente de reprendre la mer… bientôt, à nouveau, la course se rappelle à lui. Et d’autant plus que la Navy a entrepris de bloquer son port natal, il revient à BOULOGNE et revient à l’aventure.

Les demandes répétées de sa Femme n’avaient pas pour objectif de ramener Jacques-Oudard à la course ni à la guerre. Or, en revenant à BOULOGNE, c’est précisément ce qui va se passer. Nous l’avons déjà vu, en 1801, le Premier Consul BONAPARTE projette de débarquer ses Armées en Angleterre. Le port du Pas-de-Calais est pressenti comme port principal d’où partira l’attaque contre Albion… FOURMENTIN est demandé plusieurs fois par BONAPARTE à sa baraque sur la falaise. Les deux Hommes conversent, parlent de courants, de marées, de types de bateau, d’heures… FOURMENTIN enseigne la côte anglaise au futur Empereur. Celui-ci semble avoir gardé un bon souvenir de ces échanges, puisqu’il n’oubliera pas de décorer Jacques-Oudard de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur plus tard, ni de l’anoblir avec le Titre de « Baron BUCAILLE ».

Les Anglais n’ont pas manqué en observant et en croisant dans la Manche de voir où se situait le point de rassemblement de nombreux bateaux plats et légers. Ils n’ont pas manqué de voir non plus que des unités de ligne, des avisos, des croiseurs et des frégates, les avaient rejoints. Qu’on construisait et qu’on lançait des navires sur la côte, de la Bretagne à la Hollande.

La proximité de cette formidable flotte avec leurs côtes inquiète, puis angoisse l’opinion publique en Angleterre. On ne se demande plus ce que font les Français, mais on se demande quand ils vont passer à l’attaque. On a peur devant tant de préparatifs, que les gazettes rapportent -en exagérant quelquefois la sauvagerie des continentaux.

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( 280px-De_la_Touche_Treville_ par_G_Rouget_Versailles )

Sur le continent justement, les préparatifs avancent bien. Le Contre-Amiral LATOUCHE-TREVILLE, nommé au commandement de la flottille de BOULOGNE, arrive à son poste le 19 juin. Avec lui, vient Jean-Jacques FOURMENTIN. L’Officier Général est rusé lui-même, et a décidé de s’entourer des meilleurs marins et corsaires boulonnais pour constituer son outil. Tous, recevront en commandement et responsabilité des bateaux légers, rapides et manœuvrables… Des bateaux de corsaire. Un sera tout de même distingué : BUCAILLE recevra un aviso.

La stratégie de LATOUCHE-TREVILLE est louable, et efficace. Pour empêcher la Navy de venir s’intéresser de trop prés à l’avancement des préparatifs, ou de détruire la flottille dans son port, il a créé une ligne d’embossage à l’entrée de celui-ci. Les bateaux qui la composent( 7 canonnières et 18 bateaux à fond plat )sont donc en station fixe, et les canons des uns peuvent appuyer et défendre les autres. En outre, les batteries côtières de BOULOGNE et du PORTEL sont à bonne distance pour renforcer sa défense. L’affaire n’est ainsi pas encore faite, d’autant plus que BUCAILLE patrouille en Manche, en avant du dispositif défensif, avec quelques autre unités corsaires. Ce sera lui, qui conseille LATOUCHE-TREVILLE, dont NELSON aura le plus à craindre. Ce sont ces deux Hommes-la qui vont avoir à se battre, flotte contre flottille.

Horatio Nelson

Horatio Nelson

NELSON et BUCAILLE sont on ne peut plus différents. Mais ils partagent aussi des qualités communes. L’un est fin tacticien, rusé, maître de la manœuvre. Il a permis à la Royal Navy de gagner la suprématie sur les mers, en collectionnant les victoires. De taille moyenne, son physique commun a été abimé par de déjà nombreuses blessures. Il est aimé de ses subordonnés, grâce à l’autonomie raisonnable qu’il leur laisse, et à sa réputation de courage. Il n’évite pas de se trouver là où les coups vont porter. Pour les Anglais, qui l’appellent Lord NELSON, cet Homme est l’assurance d’une défense efficace des côtes du Royaume.

Courageux, BUCAILLE l’est aussi. Lui aussi est un maître de la manœuvre. Avec une particularité appréciable ; il s’est formé grâce aux unités de pêche ou de course qu’il a fait danser presque toute sa vie alors. La manœuvre n’est pas le moyen de vaincre l’ennemi pour lui, mais de l’aborder pour le terrasser en combattant au corps-à-corps. Il est décrit comme étant de haute stature( certains dirent « un géant » ). Sa force est réputée grande. Ses yeux sont tellement perçants, que du bastingage des navires qu’il commande, il repère souvent les navires à l’horizon le premier, pouvant dire de quel type d’embarcation il s’agit. Lui aussi est respecté par ses subordonnés.

Las… tout est prêt pour l’affrontement. Le 2 août 1801, NELSON arrive à sa flotte, devant son objectif. Il se décide rapidement à passer à l’action. Le 4, il avance ses premiers pions sur l’échiquier, et passe à l’attaque. Sa flotte bombarde nos unités en mer, mais ne leur fait pas grand mal. La défense de BOULOGNE bâtie par LATOUCHE-TREVILLE et conseillée par BUCAILLE fonctionne à merveille. Prise à parti par les batteries côtières et quelques unités de ligne, la flotte anglaise se retire, craignant de subir d’importants dommages.

Le premier jeu de la bataille de BOULOGNE est terminé. Le second va commencer le 15 août. A l’aube, les navires anglais ont feinté, en se retirant. Bougeant de nuit, la flotte britannique va chercher à forcer le destin, en se rapprochant de nouveau, pour chercher le combat. Mais alerté par ses vedettes, FOURMENTIN avertit LATOUCHE-TREVILLE de l’heure de l’attaque. Et c’est le massacre. Aux onze tués et vingt-deux blessés français, les Anglais répondront par au moins 350 tués( les chiffres véritables n’ont jamais été publiés ).

Jeu, Set, et Match. NELSON est vaincu deux fois devant BOULOGNE. Les Anglais eux-mêmes diront qu’il a subi « a bitter defeat ». La majorité de leurs historiens avancent le chiffre « d’au moins 400 morts ». Ainsi un futur Baron d’Empire a vaincu un Lord, un corsaire a défait un Amiral.

Quelques temps, BUCAILLE va s’adonner aux activités civiles de la mer. Après le combat contre la Navy, il va naviguer comme Maître jusqu’en 1803 sur un navire marchand, Le Succès. C’est au mois de mai de cette année-la qu’il reprend la course, sur L’Impromptu. A quelque chose la rupture de la Paix d’Amiens a servi. En deux mois de mer, il prend 7 navires ennemis, qui lui rapporteront 235 126 F. Le voila nommé Enseigne de Vaisseau, au grand dam de son épouse qui n’a de cesse de le prier toujours d’arrêter la course. Il semble l’avoir écoutée. Il aurait été Officier de port à BOULOGNE pendant deux mois environ.

Encore et toujours prié par son épouse, il va prendre de nombreux repos prolongés. La fortune amassée par le corsaire le lui permet. La suite de sa carrière sera ce qu’est celle de nombreux corsaires, des périodes de mer entrecoupées de temps de villégiature, ou de responsabilités maritimes à terre.

C’est en 1804, alors qu’il commande l’Adolphe, qu’il ajoute le Lisbon-Packet et le Marguerite à son bilan de course. Il est en cette année signalé pour son « héroïque bravoure ». A la barre de L’Etoile en 1805, il effectue neuf autres prises. L’Argus tombe dans son escarcelle en 1806. A la suite de ce combat, son bateau L’Etoile est réparé, tant ses dommages sont importants. Le frère de Jacques-Oudard, Jean-Jacques, en prend le commandement. Et capture en l’utilisant l’Addison le 16 novembre 1806.

1806 est la dernière année pour laquelle les archives officielles s’arrêtent de compter les campagnes et actions du marin. C’est donc à cette date qu’il a définitivement arrêté la course, l’Argus semblant avoir été sa dernière capture. Néanmoins, il n’a pas arrêté la navigation, et commande à nouveau Le Succés au commerce, en 1814, 1815, 1816 et 1817.

La dignité de Chevalier héréditaire de l’Empire fut créée par Napoléon I° en 1808. L’Empereur se rappelant de son « éclaireur », la donna à Jacques-Oudard FOURMENTIN le 28 mai 1809. L’Acte est signé au Quartier Général impérial d’EBERSDORF, contresigné par l’Archichancelier de l’Empire, CAMBACERES. Le Tribunal de Commerce de BOULOGNE lui donna son Titre de noblesse en audience solennelle, le 10 avril 1810.

Réputé en son temps pour sa force et sa haute stature, Jacques-Oudard FOURMENTIN ne fut pas qu’un Loup de mer toujours courant sus à l’Anglais. Une grande part de sa carrière de mer s’est passée aussi à la pêche et au commerce. Formidable comme Capitaine au combat, il savait aussi faire la part des choses, recueillant des prisonniers, et allant jusqu’à secourir des équipages ennemis en temps de guerre.

Alors qu’il était Maître d’équipage en mars 1794, son Commandant, le Capitaine BOUCHARD, avait reçu mission de s’emparer des navires marchands ennemis, avec cet ordre terrible du Gouvernement : « On ne fait pas de prisonniers ; on massacre les hommes trouvés sur les navires. » Il conseilla de garder les prisonniers à bord, puis de les embarquer sur l’un des navires qu’on devait couler. De les laisser libres de regagner leur patrie ensuite. Ainsi fut fait, et il fut applaudi par les hommes du bord.

Retraité, il prit encore quelquefois la mer, pour naviguer au commerce. Le couple acheta un manoir, mais continua à vivre dans sa maison de la Rue de l’Écu. La mort de sa Femme le 2 mars 1830 lui a fait un terrible chagrin. Lui-même est décédé le 10 janvier 1848, après quelques mois de maladie.

On a gardé de Jacques Oudard FOURMENTIN aussi le souvenir de sa vertu morale, et de son caractère humain. Il en a été récompensé par ceux qui l’aimait le plus : Élevé par l’Empereur au Titre de Baron, les évènements des dernières années de l’Empire firent qu’il ne le fut jamais réellement. Mais… la marine boulonnaise le lui a offert de son propre chef, ce Titre. BUCAILLE est aujourd’hui « Baron ».

Vedette

Vedette « Jacques-Oudard FOURMENTIN »

Et si divers clubs sportifs portent son nom, si des basketteurs sont surnommés « les Corsaires » en son honneur, le patrouilleur des Douanes de BOULOGNE-sur-mer s’appelle « Jacques-Oudard Fourmentin ».

Ainsi, aujourd’hui encore, BUCAILLE navigue en Manche…

Bibliographie :   –Échec à Nelson – A.B.C.2E.

Boulogne-sur-mer – Michel DUMINY, Edition de la Librairie DUMINY.

Webographie :

-http://img11.hostingpics.net/thumbs/mini_304056OudartFormentin.jpg

-http://commons.wikimedia.org/wiki/File:HoratioNelson1.jpg#/media/File:HoratioNelson1.jpg

-https://fr.wikipedia.org/wiki/Horatio_Nelson -https://en.wikipedia.org/wiki/Louis-Ren%C3%A9_Levassor_de_Latouche_Tr%C3%A9ville

-www.histoiremaritimebretagnenord.fr/%C3%AEle-de-batz/histoire-de-l-%C3%AEle-de-batz-page-2/

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5 réflexions sur “Jacques-Oudard FOURMENTIN. Autrement dit… Le Baron BUCAILLE.

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    Aimé par 1 personne

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