Le beffroi de Boulogne.

Beffroi de Boulogne-sur-mer - 1

Beffroi de Boulogne-sur-mer

Ville particulière du Pas-de-Calais, Boulogne l’est incontestablement. En attestent les référents culturels de sa population, sa cuisine, ses façons. De façon visible à toutes et à tous, ses monuments mettent en avant aussi une longue histoire.

Le beffroi de Boulogne-sur-mer n’est pas toujours regardé comme le plus beau de ces terres septentrionales ; sa pierre est brute et rapeuse. Il est vieux, construit selon la mode fonctionnelle de son époque, et sa silhouette massive et haute peut intimider les passants. Il faut dire, que sa première destination a été militaire, défensive. Son caractère s’est donc affirmé par sa robustesse.

L’histoire de ce bâtiment renvoie à l’Histoire des pouvoirs…

Remarquons d’abord que le beffroi repose ici à l’exact centre de la ville fortifiée… qui épouse un plan rectangulaire, coupé par les deux routes principales qui traversent l’enceinte des remparts.

Cet emplacement est celui du Castrum ( camp ) de la Classis Britannica ( la flotte d’Angleterre ). De nos jours, les axes routiers qui mènent de la Porte des Degrés à la Porte Neuve, et de la Porte Gayole à la Porte des Dunes, sont les témoins du temps passé, situés à l’exacte place des « Cardo » et « Decumanum ». Au croisement de ces deux chemins, se trouvait le logement du Préteur, le Général-en-chef de l’armée qui se préparait à envahir la Grande Bretagne…

Le beffroi est construit à son endroit, témoin d’un pouvoir antique qui s’est effacé devant celui du seigneur médiéval… voyons comment la passation historique s’est jouée, et comment ce qui allait devenir un beffroi est devenu nécessaire.

Nous connaissons maintenant déjà la raison l’emplacement du beffroi. De 1191 à 1214, le Comte de Boulogne est Renaud de DAMMARTIN. Ce seigneur puissant, qui n’hésite pas à s’opposer au Roi Philippe-Auguste selon les besoins du moment, construit là son château, en suivant l’exemple de ce qui se faisait généralement.

Un ensemble de bâtiments et de dépendances, en bois, est érigé. Au milieu, trône la demeure comtale en pierre, utilisée par le seigneur comme habitation, et abritant sa famille, quelques réserves dans un cellier, ainsi qu’un petit corps de troupe destiné à servir de garde. Néanmoins, ce premier donjon de Boulogne n’a du être habité qu’occasionnellement, comme le révèle l’absence de lieux d’aisance. Pour parachever l’oeuvre romane, sa destination guerrière fit que sa base était dépourvue d’entrée ; pour y entrer et en sortir, on utilisait soit une échelle, soit une passerelle escamotable qui permettait de gagner directement le premier étage.

Les bases étaient jetées. Le donjon allait changer de rôle vers 1230. Philippe HUREPEL( « hirsute » ), successeur de Renaud de DAMMARTIN, achevait alors son château, à l’Est des remparts. Seigneur en un nouveau château, il cédait son donjon aux bourgeois de Boulogne, qui le transformèrent en beffroi. Celui-ci recelait désormais les documents et les biens précieux de la commune, ainsi que son sceau et sa charte. De plus, il accueillait les cloches qui allaient rythmer le temps de la vie civile de la cité.

La ville était maintenant dotée d’un beffroi s’érigeant non loin du château seigneurial, plus près encore du clocher de son église, pour affirmer les libertés communales ainsi que le pouvoir échevinal.

La soif du pouvoir, ou celle de liberté… fit qu’en 1268, les bourgeois boulonnais ne voulurent pas payer l’impôt levé pour financer la croisade. Louis XI les en punit en supprimant la charte communale( qui leur fut rendue l’année suivante ), et en faisant briser le sceau. Il ordonna la démolition du beffroi, mais l’opération ne fut pas menée à son terme et dès l’année d’après, l’édifice était restauré.

Architectures… de donjon roman en beffroi :

On l’a lu, le premier étage de la tour du beffroi fut construit vers la fin du XII° siècle -des preuves archéologiques en attestent. Sa section carrée de neuf mètres de côté est celle du donjon originel, et donne à l’édifice sa dimension générale. Sa tour culmine aujourd’hui à 47 mètres. A l’angle nord-est, une tourelle a été ajoutée, sans qu’on puisse déterminer la date précise de sa réalisation. Une deuxième tourelle en encorbellement est venue compléter l’ouvrage. Percée de meurtrières, elle abrite un escalier à vis. A mi-hauteur de la tour, on peut encore voir la trace de fenêtres en plein cintre, qui ont été murées.

A la suite de la destruction partielle entamée sous Louis XI au XIII° siècle, la restauration et la restructuration de la tour lui ont valu de gagner une salle des cloches, remarquable de l’extérieur aux baies géminées qui ornent sa façade.

Remarquons encore que le bâtiment n’a pas toujours eu la présente silhouette ; à la place du dernier étage octogonal, se trouvait une flèche en ardoise. Sans qu’on sache exactement la date de son érection à la fin du Moyen-Âge, on sait qu’elle a été détruite en 1732, par un incendie. Des vues anciennes nous la montrent, entourées de quatre petites flèches secondaires, hérissée de lucarnes et dotée d’une loge de guetteur. Le beffroi de Boulogne a donc ressemblé pendant un temps… au beffroi de Douai.

A l’intérieur de la tour…

… l’épaisseur des murs laisse un beau volume, bien que restreint, de 6 mètres de côté. La première salle, voûtée en berceau, est souterraine, et inaccessible aux visiteurs. Le premier niveau est lui aussi voûté en berceau, et paré d’un oculus pour le monte-charge.

Un escalier droit est percé dans l’épaisseur des murs, et mène jusqu’au niveau supérieur. La pièce est voûtée elle aussi en berceau, mais avec une orientation inversée par rapport à celle du rez-de-chaussée. Ainsi, les efforts ne portent pas tous sur les mêmes murs. Notons que cette superposition de couvertures en pierre sur plusieurs niveaux successifs est exceptionnelle.

Par l’escalier à vis, le visiteur peut gagner le troisième niveau. On atteint ici une salle planchéiée, surmontée par l’étage des cloches. Dernier niveau de la tour quadrangulaire, huit fenêtres en arc brisé l’éclairent. Elles ont été en partie obstruées par des contreforts internes, destinés à asseoir un ajout du XVIII° siècle, le dernier étage octogonal élevé par l’ingénieur MARTINET.

Le mobilier que renferme le beffroi est typique de temps divers. On peut y voir deux coffrets gothiques, les statues médiévales de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Nicolas, de Saint-Wulmer, et quelques autres sculptures anciennes. Boulogne ayant connu plusieurs sièges, on y trouve aussi quelques boulets en pierre ou en fonte, exhumés de temps révolus. On finira la visite en découvrant le puits de l’ancien couvent des Cordeliers( situé à la place actuelle du Théâtre MONSIGNY ), et un vitrail daté de 1900 représentant Godefroy de BOUILLON.

C’était l’Histoire de quelques pierres vénérables, racontée pour que l’on se figure tout ce que l’Histoire nous chuchote en visitant les ruelles d’une ville. La robustesse, ce beffroi-donjon l’a héritée de temps où il s’apprêtait à vivre des guerres. Qu’elle l’aide à résister longtemps encore, comme le symbole des oppositions et des unions qui permettent à une ville d’exister longtemps. Le beffroi de Boulogne est classé au Patrimoine mondial de l’Humanité depuis 2005.

Le beffroi de Boulogne-sur-mer -2

Le beffroi de Boulogne-sur-mer

-Sources :                      -https://fr.wikipedia.org/wiki/Beffroi_de_Boulogne-sur-Mer

-Infos : -www://tourismeboulognesurmer.com/accueil/decouvrir/boulogne-sur-merfortifiee/le-beffroi.aspx

-Bibliographie : -Les monuments de Boulogne-sur-mer. Édité par le service Animation du Patrimoine de la Ville de Boulogne-sur-mer.

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