Boullongne sur la mer en état de siège. 1415.

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Château-Musée de Boulogne-sur-mer. Tour Nord.

Aux lendemains d’AZINCOURT…

Quelle a pu être la vie à Boullongne sur la mer pendant la Guerre de Cent Ans ? Des Rois d’Angleterre passèrent près de ses murs, pendant cet épisode de notre Histoire commune avec les sujets d’Albion, et suscitèrent des réactions de vagues inquiétudes dans la population, ou dans l’échevinage… Nous gardons de l’époque des comptes et bilans assez précis, qui nous permettent de nous faire une représentation assez exacte de l’existence…

Plongeons-nous à ce moment, où l’ost français( l’Armée des Français )commence à enregistrer enfin de nombreuses victoires contre les troupes des Plantagenêts. La guerre vient de connaître une période d’accalmie. Elle coûte en effet fort cher aux deux royaumes, et épuise les populations sujettes à l’impôt, à l’enrôlement, aux pillages variés… Henri V vient de devenir Roi d’Angleterre en 1413, à la suite de la mort de son père. Il a relancé les combats contre les Français en 1415. Cette quatrième et dernière phase de la Guerre de Cent Ans commence bien mal pour les armes des VALOIS…

En 1415, Henry V suit le même itinéraire que celui emprunté bien avant lui par Edouard III. En rouge vermillon ici.

En 1415, Henry V suit le même itinéraire que celui emprunté bien avant lui par Édouard III. En rouge vermillon ici. https://commons.wikimedia.org/wiki/File:D%C3%A9but_guerre_de_cent_ans.svg#/media/File:D%C3%A9but_guerre_de_cent_ans.svg

En effet, Henri V d’Angleterre vient de débarquer à Chef-de-Caux, tout prés de l’estuaire de la Seine, le 14 août 1415. La flotte anglaise forte de 1600 navires environ, a amené une armée de 30000 Hommes sur la côte de France, dont 24000 archers. Ne perdant pas de temps, le monarque met le siège devant Harfleur le 18. Cette ville tombera le 22 Septembre.

Roi Henry V

Roi Henry V

Henri V a prévu de faire à Harfleur ce qui a déjà été fait à Calais. Il laisse donc une garnison sur place, en vue de transformer la ville en colonie. Puis, il remonte avec le reste de son armée vers le Nord, vers ses possessions en terre de France. Les charrois et la troupe partent le 7 Octobre.

Le Roi d’Angleterre continue la politique de guerre de pillage entamée par Edouard III. Les batailles contre les armées françaises ne sont pas recherchées, mais sont plutôt des combats livrés dans le plus pur style pragmatique : on se déplace( on parle des « chevauchées anglaises » )d’une possession ou d’une ville à une autre, livrant bataille quand les Français se mettent en barrage. Jusque là cette stratégie a réussi aux Anglais, et par le biais des pillages effectués chemin faisant, leur guerre a le mérite de s’auto-financer. Partout dans le royaume, les armes d’Angleterre provoquent l’effroi en s’approchant. Pendant la bataille, les archers gallois font la différence, et donnent souvent la supériorité nécessaire pour vaincre aux armées de Lancastre.

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Archers gallois – Geoffrey_luttrell_psalter_1325_longbowmen

Cette guerre de pillage est imposée par les différences entre les deux pays ; la France d’alors, considérablement réduite par rapport à notre patrie actuelle, compte près de 20 millions d’habitants.

Il est illusoire pour un pays qui n’en compte que le quart, de contrôler le terrain un jour. Sur son itinéraire et sacrifiant à cette méthode, l’Armée anglaise massacre la Chevalerie française à Azincourt. Plus rien ne peut arrêter Henri V dans sa marche vers Calais. Les autorités des villes sur son chemin s’apprêtent à le recevoir, soit en évacuant ce qui peut l’être, soit en s’apprêtant à résister les armes à la main…

C’est ce choix qui est fait à Boullongne sur la mer. Comme on va s’en apercevoir, la Bonne ville va se tourner toute entière vers la guerre, tirant profit aussi bien de sa diplomatie, que de sa population, de son Administration, du savoir-faire de ses artisans et maîtres-ouvriers, maîtres de guildes…

l’Économie de Boullongne en 1415 est celle d’une ville en guerre, prête à se jeter dans la bataille et à en subir les conséquences. A l’époque qui nous intéresse ici, Jeanne II de Boulogne est comtesse. Elle s’est mariée au Duc Jean de Berry en 1389. L’Homme est frère du Roi de France Charles V, ainsi que de Philippe de Bourgogne, Comte de Flandre et d’Artois. La Diplomatie de la ville en est rendue d’autant plus sensible que les trois puissances importantes de ce temps sont la France, l’Angleterre et la Bourgogne, toujours prompte à s’allier aux Plantagenêts. Rarement anglet fut autant convoité( anglet( n. m. ) : en Français moderne, « pierre angulaire » ). Au Nord du Royaume de France, Boulogne avec ses murailles( la ville est alors surnommée « Hautemur » )joue le rôle de sentinelle. Avec les phases changeantes de la Guerre de Cent Ans, les ennemis potentiels changeront quelquefois, et trouveront aussi prétexte à éviter de mettre le siège devant la bonne ville dont le Mayeur et les habitants veillent à ce « qu’elle demourast garnie« ( « qu’elle reste défendue » ).

Population globale :

En ce début du XV° Siècle, la ville de Boullongne compte environ 3000 habitants. Un compte de Taille datant de l’année 1415, parvenu jusqu’à nous, permet de connaître la répartition géographique de la population à l’intérieur de la ville( la Taille est un impôt direct, perçu selon les déclarations de chaque chef de famille ). Ce compte fait état de quatre quartiers intra-muros, et de trois à l’extérieur des remparts. On sait ainsi que c’est prés de 70 pour-cent des Boulenois qui vivaient dans l’enceinte des murailles.

La famille urbaine est alors dans le bassin composée presqu’exclusivement des parents, et de leurs enfants mineurs. On en compte deux en moyenne par feu( foyer ). On sait que 7% des chefs de famille sont des Femmes seules. Sept Femmes seulement ont le titre de « Dame » ou « Demiselle ». Ce qui laisse à penser que le remariage, parfois mentionné dans les comptes et les autres documents, n’est pas rare.

Si les plus gros contribuables vivent à l’intérieur de la vieille ville, la population de ce quartier comprend aussi des habitants parmi les plus pauvres. Ainsi, à portée de rappel, le centre administratif et judiciaire, religieux de la ville, peut compter sur de la main d’œuvre opérationnelle rapidement et en tous temps. Seuls 5% de la population payant une Taille de 20 Sous ou plus, il est permis d’estimer que les manouvriers pauvres y étaient nombreux.

Les foyers aisés ne représentant qu’un quart des habitants, on peut en déduire la répartition socio-professionnelle sans trop de difficultés. On trouve dans les quartiers ceints par le rempart huit bourgeois, six Échevins, dix-huit marchands de vin, deux potiers, un peintre. Pour l’ensemble du bassin, on trouve l’année suivante onze terrassiers, un plaqueur de terre, seize maçons, six couvreurs, un chaufournier( ouvrier responsable de l’utilisation du four-à-chaux ).

Y travaillent dans le secteur du bois et de sa transformation des bûcherons, six scieurs de long, deux ouvriers de haies, vingt-six charpentiers, deux menuisiers, un marchand de charbon.

Pour le travail du métal, on trouve cinq forgerons, un étameur, un potier d’étain, trois serruriers et un damasquineur.

Un fabricant de cuves, un fabriquant de fûts sous-traitaient partie de leur travail en se fournissant à la fois chez les artisans du Bois et ceux du Métal.

Dans le secteur du cuir, des fils et du textile, la ville avait aussi un bourrelier( travail du cuir et des poils ), des savetiers( faiseurs de chaussures ), des cordonniers, des fripiers et des drapiers, deux cordiers et quatre merciers.

La ville dispose encore de marins, de fruitiers, de boulangers, d’hôteliers, de taverniers, de marchands de grain, de brasseurs, sans que leurs nombres nous aient été communiqués.

Dans le domaine de la vente, deux boutiquiers et des courtiers résidaient en ville.

Le secteur des Services a été bien fourni, avec trente-et-un manœuvres, trente-deux charretiers, huit voituriers, cinq valets, huit portiers, des manutentionnaires, onze guetteurs et un chirurgien assigné à résidence. Les personnes employées aux services de la guerre et de l’administration sont à comptabiliser en plus, beaucoup de leurs tâches ayant été limitées dans le temps.

Il est difficile d’être plus précis, car de nombreuses professions comptaient plus d’un représentant, et parce qu’une seule personne pouvait effectuer plusieurs métiers. De plus les comptes conservés depuis, s’ils font état des services rendus ou des tâches effectuées, ne donnent pas en général l’identité de l’ouvrier payé.

Répartition des populations par quartier :

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Populations boulonnaises réparties par quartiers en 1415

A priori, les populations au sein des différents quartiers étaient bien distinctes, avec leurs propres usages. Ainsi, les marins habitaient déjà au bourg, veillant à être proches du port.

Comme on le voit à la lecture des chapitres précédents, tous les savoirs nécessaires à l’existence en ces temps rudes étaient présents au sein de la population. Tout ce petit monde allait fournir des denrées, des services, travailler en prévision de la guerre qui s’avançait.

Conditions de la promotion sociale, et de la Bourgeoisie…

« L’Etat, c’est moi » dira Louis XIV presque deux siècles plus tard. En 1415, c’est bien le terme d' »État », ou de « Junte », de « Gouvernement » auquel correspond le mot « Loi ». Loin du processus électif auquel abouti de la Démocratie, au Moyen-Âge, les Boulenois entrent en Bourgeoisie si et seulement si leurs revenus le leur permettent. Une « procédure simplifiée » existe : il faut avoir résidé dans la ville au moins un jour et une nuit, à condition de prêter serment. Les personnes désirant rejoindre la communauté fermée doivent avoir un statut social particulier. Une fois entré en bourgeoisie, le notable se voit doté de privilèges, parmi lesquels l’allègement des taxes et des amendes. Il pouvait entrer dans « les trente hommes » qui élisaient le Mayeur( Maire de la ville )et l’Échevin( premier magistrat, jouant le rôle de Juge, et quelque peu de Préfet ). Ces « trente hommes » avaient forcément une certaine importance dans la représentation communale.

Ainsi se composait l’équipe dirigeante qui veillait au développement de la ville. Elle était nommée « la Loi ». Son renouvellement avait lieu une fois par an, sauf imprévu, le jour de la maierie. Il se passait en Septembre, entre les Dimanches de la Sainte-Croix et de la Saint-Mathieu. Cette association de Bourgeois formaient la Commune de Boullongne, et était chargée d’exécuter les privilèges du Comte, qu’elle représentait. -Elle maintenait la paix et réglait les litiges dans le domaine commercial ; -Elle percevait les taxes qui frappaient les habitants. -Elle organisait les travaux d’intérêt public ; -Elle organisait les travaux de voirie ; -Elle veillait au maintien de l’ordre ; -Elle était chargée de la construction et de l’entretien des remparts ; -Elle était chargée d’organiser le service du guet ; -Elle était chargée de la mise en place d’une milice urbaine.

L’élection et la composition de la Loi :

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Composition de la Loi en 1415 à Boullongne sur la mer.

Henri V s’avance avec encore 9000 soldats, et d’Harfleur à Calais, il ne peut manquer de passer par Boulogne. Du moins, c’est ce que l’on pense, en 1415…

Les Échevins agissent en fonction de leurs pensées, et ils font faire des travaux pour améliorer la capacité de défense de leur bonne ville. Avec 14,85 m.( 45 pieds )dans leur plus haut, les remparts de Boulogne sont intimidants dès cette époque, à tous ceux qui pensent prendre la ville. On y ajoute bretèches et poivrières, on fait creuser des meurtrières.

En début d’année, Jehan ANGOT, maistre des ouvrages, a écrit après une visite aux murailles « Boullongne estoit une ville merveilleusement forte de murailles et de fossés couverts. »

poivrière

Exemple de poivrière. http://fr.topic-topos.com

Bretèche

Exemple de bretèche. b_1_q_0_p_1

Il parlait du rempart construit par Philippe HUREPEL en 1231, toujours debout et intact aujourd’hui. Ce rempart tenant plus compte de la topologie de la région que des quatre points cardinaux est un bijou de science poliorcétique jusqu’alors. Seulement, on craint les ravages que l’Anglais peut causer à la ville. Longs de près de 1500 m., les remparts se voient modifiés. Aux archères, on ajoute des meurtrières, afin de pouvoir faire jouer les canons, dont la ville est bien pourvue. On ajoute des bretèches et des poivrières au haut des murs, pour abriter les archers qui pourront tout à loisir tirer sur les assaillants.

Avec ses quatre portes et ses vingt tours réaménagées, son avant-fortification au coin Nord-Ouest, son château au coin Nord-Est, la ville doit paraître formidable à qui veut l’attaquer. On se rappelle certainement qu’Harfleur avait demandé de l’aide au Royaume de France. Celui-ci a mis trop de temps à réagir, et avant que même secours se soit mis en marche, la ville normande était tombée. Boulogne se prépare donc à résister seule.

Les eaux provenant de sources sur la colline Saint-Martin avaient commencé à gâter le mur Est. Lors des épisodes pluvieux, le phénomène s’agrandissait. L’Échevinage prit la décision de faire combler l’écluse, de faire installer des claies, de faire dégager et réparer la base du dispositif. Des ouvriers comblèrent le fossé de terre molle, et consolidèrent le pont par lequel des convois devaient amener armes et canons.

Chaque tour a son nom, ses spécificités. Si leur forme est en général semi-circulaire, l’une d’entre elles est carrée. Mais toutes sont équipées de façon à jouer un rôle identique. Elles permettent de défendre la muraille, tout en défendant les deux autres tours les plus proches. Si quelques-unes n’ont guère eu besoin de soins supplémentaires, on n’a pas lésiné sur la dépense pour en renforcer ou améliorer d’autres.

A la Porte des Dunes( de « dunio » : « donjon« , celui-ci étant proche ), on a ajouté deux haies. On a fait pratiquer un boulevard. On a remplacé la porte, pour en mettre une neuve. On a jeté un pont par devant. Cet obstacle a été doublé d’un dos-d’Âne. En plus de ces aménagements, on a maçonné là une avant-porte. Les tours-jumelles de la porte sont maintenant renforcées, elles qui permettent déjà de guetter ou d’utiliser ses armes sur trois niveaux. Tous ces travaux venant renforcer le dispositif déjà existant, on fit creuser un fossé de la Tour Gaïette à la porte, et de la porte à la Tour du Cuing( du Coin ).

Si la Porte des Degrés elle, ne fit l’objet que de peu d’attention( son toit reçut de nouvelles tuiles ), la proche Tour de Questinghen fut l’objet de plus d’artifices. On y créa une porte et une montée en haies pour y accéder. On créa une bretèche et une poterne( elle a depuis été murée, sa trace est toujours visible ).

La Tour Gaïette ayant une importance majeure, elle fut fortement armée. Surplombant le bourg et l’embouchure de la Liane, plus proche à l’époque( son cours fut dévié lors des travaux de reconstruction après la seconde guerre mondiale ), elle se vit dotée de planches pour protéger sa bretèche, restaurée. Sa sevronde( avant-toit )fut relatée, re-maçonnée et recouverte de tuiles neuves. Des meurtrières furent pratiquées, qui ouvraient dans toutes les directions.

La Tour du Conseil, bénéficiant déjà à l’époque d’une avant-fortification toujours en place, reçut des travaux semblables à ceux de la Tour Gaïette. Le sol de sa chambre fut refait en terre battue, puis latté. Le long du mur et jusqu’à la Tour du Cuing, on consolida les boulevards avec du mortier, et les fossés furent vidés. -Nota Bene : Sacrifiant aux usages de l’époque pour toutes les villes, les fossés et douves servaient à jeter les débris, immondices et autres reliquats de la vie quotidienne. On vidait les fossés pour empêcher l’ennemi… d’y mettre le feu !

Ce fut le cas aussi sur le mur de la Tour de la Clocquette. Il fallait permettre aux archers et arbalétriers de faire jouer leurs armes avec plus d’efficacité.

Le maître-maçon Robert de Saint-PIERRE creusa là aussi une meurtrière, où fut installé un canon. L’ouverture a été rebouchée depuis, mais sa trace est toujours visible dans le flanc Sud de la tour.

Le coût réparti de la main d’œuvre sur les murs et les portes : Comme on l’a vu à la lecture des paragraphes précédents, les travaux d’entretien ou de transformation n’ont pas eu le même coût selon l’endroit du mur où ils ont été effectués. Tant leur importance connut de différences. Selon l’état d’usure de la structure, la dangerosité des abords faisant face, ou la position plus ou moins stratégique de la place, voici la répartition des coûts de main d’œuvre uniquement, comparés pour les quatre portes de la ville :

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Répartition en pourcentages du coût de la main d’œuvre ouvrière en 1415, à Boullongne sur la mer, par porte.

  Une petite haie a même été créée devant la tour des Prés( elle était placée en arrière du mur Ouest de l’avant-fortification ), et plusieurs auteurs des XIX° et XX° siècles ont parlé d’un mur antique prenant appui sur les tours voisines de la Porte des Dunes, et descendant les degrés de la colline, rejoignant le rivage de la Manche. On parle encore de ce mur comme étant ruiné au Moyen-Âge. Pour connaître le quartier de l’ancien rivage, et en supputant que ce mur, en s’éloignant du rempart, se soit dirigé au Sud – Ouest, je pense qu’il peut s’agir de ce qui se nomme aujourd’hui « Mur Sarrasin ». Car si l’extrémité Sud de celui-ci, restauré, n’avait été coupée par le Cour BARET puis occupée par un commerce, à l’heure qu’il est, il rejoindrait bien l’ancien rivage de la mer, au milieu… de la Rue Nationale !

On voit bien aux coûts investis dans ces travaux, que le danger était attendu au Sud-Ouest, qu’il vint de la mer ou remonta par les terres. Si des tours et le mur ont été solidement fortifiés et un peu remaniés dans la zone de l’angle Nord-Est du rempart, le Sud-Ouest lui, a été fortement armé. On a veillé aussi à améliorer ce que nous appellerions aujourd’hui « les postes de combat ».

En guise de conclusion, il aurait été intéressant de savoir avec certitude quelles furent les répercussions de ces chantiers, de ces transformations, ces entretiens de structures déjà existantes sur la vie de la population. Mais seuls subsistent de ce temps d’inquiétudes les écrits comptables du Clerc de l’Argentier de la « petite patrie ». Toute cette énergie et cet argent dépensés semblablement en vain, puisque la guerre n’est pas venue sous les murs, ont-ils été inutiles ? Non pas.

Henri V a évité la ville en remontant vers sa possession de Calais. Peut-être que sa formidable victoire d’Agincourt( comme les Anglais l’écrivent à l’époque )et la quasi-destruction de la Chevalerie française lui ont suffi. Toujours est-il que l’une des dernières chevauchées anglaises de la Guerre de Cent Ans est rentrée par le chemin le plus direct chez elle.

Nous pouvons néanmoins nous douter que la population locale a été mise fortement à contribution. Qu’elle n’a manqué ni d’emploi, ni d’ouvrage pendant cette année 1415. L’Échevinage a veillé au renforcement et au maintien, à l’amélioration de la défense. Il a fait « durcir » celle-ci par des réalisations de gros œuvre. Flèches, carreaux, pierres à canon, poix… il a fait fabriquer sur place toutes sortes de munitions… Il a eu recours aux charretiers, aux potiers, au chaufournier, aux maçons et aux bûcherons, et à tant d’autres…

Le chantier, depuis les premières tâches d’abattage d’arbres, jusqu’aux premiers essais de canons, a duré plus d’un an. L’aide exceptionnelle donnée à la ville par le Roi de France et l’église Notre Dame témoignent de l’importance de Boullongne, anglet perdu aux confins du Nord du pays…

Bibliographie : -Boullongne sur la mer en 1415. Isabelle CLAUSEL-DELANNOY. éd. Société                 Académique du Boulonnais.

-A travers cent rues, places et lieux-dits Boulogne-sur-mer. Daniel TINTILLIER. éd.        « La  Voix du Nord ».

Webographie :  wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Cent_Ans ;

wikipedia.org/wiki/Henri_V_(roi_d’Angleterre)

wikipedia.org/wiki/Chevauch%C3%A9e

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