SAINTE-BEUVE, amoureux à temps complet.

« Sainte-Beuve » par Bertall, French (Paris, France 1820 - 1882 Soyons, France) — httpfr.wikipedia.orgwikiImageSainte_beuve.jpg. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons - httpcommons.wikimedia.orgwikiFileSainte-Beu

Sainte-BEUVE, critique et romantique.

Les ancêtres de Charles Augustin Sainte-BEUVE auraient été picards, de plus vieille ascendance normande, comme l’explique le « Livre d’or de Sainte-BEUVE » au VII° Siècle. Son père, Charles-François, a quitté Moreuil en 1788 pour entrer dans l’Administration de l’Octroi à Boulogne. Il s’y est marié à Augustine COILLOT, issue de la vieille bourgeoisie boulonnaise, en 1804. De cette union, est né Charles-Augustin qui naquit le 24 décembre de la même année. Son père est décédé le 04 octobre précédent…

Notre concitoyen est donc élevé par sa mère et sa tante paternelle, dans une tradition de grande croyance. Néanmoins, il ne fréquente pas d’école chrétienne, et s’instruit à la pension laïque de M. BLERIOT. Alors qu’il atteint l’âge de quinze ans, sa mère le mène à la Pension LANDRY à Paris, pour qu’il puisse suivre les cours du Lycée Charlemagne. Il terminera ses Études Secondaires au Lycée Condorcet en 1823, à l’âge de dix-neuf ans. Il s’inscrira ensuite à la Faculté de Médecine, et Mère et Tante le suivront dans son choix, s’installant elles aussi à Paris. Il abandonnera les études médicales en 1827, découvrant qu’il n’est pas fait pour ce métier. Il découvre à cette époque et commence à fréquenter DAUNOU, autre Boulonnais, Professeur titulaire de la chaire d’Histoire et de Morale au Collège de France, Député du Finistère, et Rédacteur en Chef du « Journal des Savants ».

Alors que le journal littéraire « Le Globe » édite son premier numéro, Sainte-BEUVE y publie ses premiers articles. Il devient tour à tour critique, poète, et teinte ses écrits de Romantisme. Ces emplois le poussent à fréquenter le monde des Lettres, et il apprécie les compagnies de LAMARTINE, de VIGNY… devient l’ami de Victor HUGO. Il entretient d’ailleurs un temps une liaison amoureuse avec Adèle, la seconde fille du grand écrivain. Il couple ainsi son amour des Femmes à ses relations amicales.

Elevé par deux Femmes sous les principes de la Religion, il s’est déjà éloigné de celle-ci. Il est en quelque sorte un Girondin. Il refuse plusieurs postes d’enseignant que le Gouvernement ou des amis de ce dernier lui proposent, et quand il est proposé pour obtenir la Légion d’Honneur, il ne la demande pas. Il refusera encore une Chaire de Littérature Française à l’École Normale, bien qu’il ait du goût pour la Politique du Prince-Président… même s’il voit l’Empire s’établir d’un bon œil, il y a quelque chose d’inflexible dans le doux Sainte-BEUVE.

Dans « Le Constitutionnel », ses « causeries du Lundi », une étude hebdomadaire d’un « sérieux ouvrage » le font connaître encore plus et il passe maintenant pour un critique brillant, à l’avis sur. Et ce qui devait arriver arrive enfin ; en 1853, l’Empire le considère Chevalier, lui décerne le titre d’Officier de la Légion d’Honneur, et parvient par insistance à accrocher la Croix à son costume. Il continue comme si de rien n’était à travailler en bonne intelligence avec Alfred de VIGNY. BALZAC les y rejoint.

Charles-Augustin part sur ces entrefaites enseigner en Suisse. S’il se réjouit de l’année écoulée chez les Helvètes -il y gardera de bonnes et de bons amis qu’il reverra périodiquement- une autre année passée à occuper la Chaire de Littérature Française de l’Université de Liège ne lui laissera pas de bons souvenirs.

Charles BEAUDELAIRE, Gustave FLAUBERT deviennent ses amis. Il est reçu régulièrement chez le Prince Napoléon, et la Princesse MATHILDE prise d’affection, devient son amie. Une dispute avec celle-ci lui vaudra une disgrâce passagère, mais les temps sont aux salons… aux réunions intellectuelles bourgeoises… il rencontre lors d’un tel exercice, George SAND, seul Femme à y être admise.

Son engagement pour l’Empire grandit encore, et on le nomme le 11 août 1859 Commandeur de la Légion d’Honneur. De Député qu’il était, il devient Sénateur en 1865. Il est invité par l’Empereur, mange à sa table. Le fait n’est pas anodin, même si Napoléon III est très ouvert aux nouveautés, qu’elles soient industrielles, sociales ou artistiques.

Sainte-BEUVE a fréquenté des bourgeoises, des Princesses, tant que des filles de petite vertu. Il a cultivé aussi bien son amour des belles Lettres que celui des Femmes. N’a t-il pas dit : « La présence d’une Femme chasse l’odeur de l’encre et m’apporte un regain de jeunesse. » ? Cet amoureux permanent eut beaucoup d’amis, même et surtout parmi les auteurs et écrivains de son temps… fidèles malgré son état de critique reconnu et célébré.

Des amis, justement, il en aura encore beaucoup, beaucoup, à marcher à sa suite pour une dernière fois, au cimetière Montparnasse, le 16 octobre 1869. Il est dit qu’aucun de ces auteurs qu’il a critiqués ne lui a gardé de rancune, tant son travail était bien fait. Il a précisé dans son testament : « Je veux être enterré sans prêtre et que mon corps soit porté directement de ma maison au cimetière. » Ainsi un véritable amoureux des Femmes et des belles Lettres s’en allait, sans presque faire de bruit, lui dont la renommée en fit beaucoup. A Boulogne-sur-mer, un boulevard et une salle de la Bibliothèque Municipale gardent encore son souvenir, en portant son nom.

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