A TRAVERS LE TEMPS… LES CORSAIRES DE BOULOGNE-Suite XV.

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Le retour des corsaires en 1806 Maurice ORANGE

Nicolas SAILLART est né en Normandie. C’était à Blainville exactement, dans la Manche, en 1770. Ce que l’on sait de sa carrière de corsaire en relation avec notre région, c’est qu’il fit sa première sortie de Boulogne pour la course le 29 Fructidor An VII( 15 septembre 1799 ). Il commandait alors le Vrai Décidé, 14 canons, 4 pierriers, 38 hommes d’équipage, pour l’armateur Veuve LAFOIREZ. Avec ce bateau, il prend le Lora( qui sera vendue 170 981 Francs ), et le Célina( qui rapportera lui, 146 198 Francs ). Le 5 Vendémiaire An VIII( 27 septembre 1799 ), la mission prend fin, il débarque à Boulogne et son Second, DESGARDINS, le remplace au poste. Nicolas repartira à la fin de l’année, sur l’Intrépide, pour le même armateur, et fera encore une prise, l’infortuné étant le Welcome.
Nicolas SAILLART se marie le 15 Frimaire An XI( 06 décembre 1802 ) avec Jacqueline DOSSEVILLE. L’acte porte à son propos la mention « Capitaine de navire ». La mariée n’est autre que la veuve de Denis FOURMENTIN, mort de ses blessures reçues au combat, le 15 Nivôse An VII( 4 janvier 1799 ).
Peut-être poussé à pratiquer des activités moins périlleuses, Nicolas, tout de même élevé à la distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur, ne semble pas continuer la course après avoir convolé.
C’est le 21 octobre 1820 qu’il décède, à son domicile boulonnais, rue de l’Écu.
De la vie de Jacques SAUVAGE, avant qu’il n’entre en course, peu de choses nous sont connues. Toujours est-il qu’il prend la mer comme corsaire, au départ de Boulogne pour la première fois à bord du Vengeur, 36 hommes d’équipages, de l’armement CHOISNARD. Il y est Premier Lieutenant, a Jean-Augustin HURET dit PAQUETTE pour Commandant, et le Second est Robert HENIN. Sur ce même navire, Jacques deviendra plus tard Commandant, avec Jean-Pierre François PALETTE et J. A. H. ROUTTIER pour Lieutenants.
Le 28 Nivôse An XIII( 18 janvier 1805 ), Jacques SAUVAGE « court » après un sloop -le Margaret, au large de Newhaven. Le bateau anglais va se mettre à l’abri d’une batterie côtière, qui prend le corsaire boulonnais pour cible. Malgré cette opposition ferme, Jacques poursuit l’Anglais, jusque dans les récifs, et le prend. Au retour, les canonniers de sa Majesté salueront de la même façon qu’à l’aller le passage du Français. Le Margaret, ramené à bon port avec son chargement d’huiles, de tapis, d’eau-de-vie, de papier et de serge rouge, représentera une perte de 8000 Guinée pour l’Angleterre…
Notre corsaire reprend le cours de ses aventures sur la Manche, et il commande L’Impromptu -60 pieds de long, 4 canons, 4 pierriers, 45 hommes d’équipage- du 16 Frimaire au 30 Brumaire An XIV( du 07 novembre au 21 décembre 1805 ). Armé par M. LAFOIREZ-CADET, ce bateau lui permet de prendre le Bee.
En 1808 et 1809, Jacques va pouvoir choisir son équipage, d’une façon particulière… L’Alexandrine, armé par AUDIBERT et MOLEUX-CROUY, porte 103 Hommes. Le Capitaine corsaire a toutes libertés pour choisir ses Hommes, parmi ceux… des camps de prisonniers de Cambrai, Soissons, et Saint-Quentin ! -Sa seule restriction étant de ne pas choisir d’Anglais, il se constitue une troupe faite d’Américains, d’Italiens, de Norvégiens et de Danois.
Après une période de courses difficiles, dès 1809, ce bateau désormais en bien piètre état est vendu, remplacé par un navire neuf, qui reprend son nom, en même temps que sa Lettre de Marque. On change ainsi de cheval, et la course continue… la troisième, en fait, du 12 octobre 1809 au 30 juin 1810.
Bien que l’on puisse a priori penser que l’équipage ainsi constitué est douteux, seront capturés le June le 2 décembre 1809, et le Maidland le 25 février 1810( rapport de l’ensemble à la vente : 2 594 057 Francs ).
Jacques SAUVAGE commandera encore à la course pour les armements CASTINEL et DUCARNOY( en 1811, sur Le Curieux -14 canons, 65 hommes d’équipage ), et pour les armements AUDIBERT Aîné et MOLEUX-CROUY( en 1812, sur La Veilleuse, avec 20 hommes d’équipage à bord ).
Ce marin finit à ce moment sa carrière de corsaire boulonnais. Lui aussi, a écrit leur légende.
Nous ne connaissons, là encore, que ce qui concerne la vie de corsaire de Jean-Pierre SAUVAGE-CLARTÉ. Il est dit, qu’en 1793, il est désigné provisoirement Capitaine du port de Boulogne, par une lettre du 7 Vendémiaire An II( 28 septembre 1793 ). Par la même occasion, DUMONT, représentant de la République en mission dans la ville, le nomme Enseigne non entretenu.
On le trouve en l’An IV( 1795 / 1796 ) sur le Diable Volant, corsaire qu’il commande. Ce petit bateau de 9 tonneaux, armé par Guillaume PODEVIN, est monté par 34 hommes d’équipage, et dispose de 30 fusils, 22 paires de pistolets, et 30 sabres. Son Maître d’équipage est J. B. POLLET, et il fait cette année-la une bonne prise en l’objet du Betsy, chargé de liqueurs et de tabac.
Dans la nuit du 18 au 19 Thermidor An IV( nuit du 5 au 6 août 1796 donc ), Jean-Pierre croise le long des côtes anglaises, quand la Mouche, péniche des Douanes anglaises montée par 7 fonctionnaires, s’approche. Les agents de la Reine se sont trompés ; ils ont pris le bateau boulonnais pour un Smoggler( un contrebandier anglais… ! ), et ils lui tirent dessus… s’apprêtent à l’aborder… lorsque les bateaux sont bord à bord, l’Officier et les soldats anglais ont la surprise de voir ces diables de… Français sauter sur leur pont ! …Le Capitaine britannique est un peu molesté, et fait prisonnier. Jean-Pierre SAUVAGE-CLARTÉ considère la péniche comme bonne prise, et désigne LELOUP comme Capitaine de prise pour la ramener à Boulogne, où elle est vendue.
Le Capitaine SAUVAGE-CLARTÉ fera encore une course sur le Diable Volant en Messidor An V( juillet 1797 ), mais reviendra bredouille. Nommé visiteur de navires en 1816, il aura le bonheur de voir son fils, Frédéric SAUVAGE, inventer l’hélice appliquée à la navigation à moteur. Si la course n’a pas été la plus forte des carrières de mer dans cette famille, aujourd’hui encore, sur toutes les mers du monde, il se trouve au moins un marin, souvent un Officier ou un Patron, qui connaît ce nom : SAUVAGE.
Bibliographie :  -Échec à NELSON -( Les Corsaires Boulonnais de la Révolution à l’Empire   ). ABC2E

Webographie :  -http://www.descendants-capitainescorsaires.org/res_recherche.php

-http://data.bnf.fr/12007694/tribunaux_de_prises/

-http://fournetmarcel.free.fr/corsaires.htm

-http://threedecks.org

A SUIVRE...

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