Le Château de Boulogne. Seconde partie : Caserne, prison, musée !

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Dans la première partie, nous vous avons parlé de la naissance du château de Boulogne… Mais qu’advient-il de cet ouvrage défensif de premier ordre, et à la pointe de la technologie de son époque, construit par Philippe Hurepel, fils de Philippe-Auguste, avant de devenir le musée que nous connaissons tous ? Son histoire est très riche, mais quelques étapes retiennent l’attention…

Au fur et à mesure de l’évolution des armements et des techniques de siège, l’aspect du château construit par le Hérissé change et, il devient, pendant la Guerre de Cent Ans, un lieu majeur du conflit, tandis que Boulogne, aux confins du royaume, est assiégée à plusieurs reprises. Ainsi, en 1415, le château, qui semble alors imprenable, se prépare au siège anglais, comme le reste des fortifications.

Henri II

Dans les affres de l’interminable guerre contre les Anglois, jusqu’en 1478, Boulogne devient possession bourguignonne avant d’être intégrée définitivement au royaume par Louis XI. Peu à peu, les défenses du château continuent d’évoluer. Place convoitée, fréquemment assiégée, qui se dote de contreforts destinés à résister aux canons, notamment au Xvème siècle quand les Anglais l’occupent avant son rachat par le roi Henri II pour 400 000 écus d’or, en 1550.

L’unité du royaume de France est encore en construction, mais peu à peu, de règne en règne, à mesure que se renforce la monarchie, et que se développe son administration centralisée, le territoire commence à ressembler à ce qu’il est aujourd’hui. Les enclaves disparaissent, les marges sont conquises, achetées, ou échangées.

Les conquêtes de Louis XIII et de Louis XIV, et les révoltes populaires

Ainsi, dès le début de son règne personnel, et sur les conseils de son ministre Vauban, Louis XIV « fait son pré carré » et Boulogne cesse d’être une ville frontière, ce qui minimise son rôle de place forte. Le roi décide donc de faire raser les fortifications de la ville, devenues inutiles, mais, devant les protestations de la population, ce sont seulement les ajouts du XVIème siècle qui sont détruits.

Le siècle du Roi-Soleil est à la guerre, dans cette entreprise de construction du territoire, et le Boulonnais, comme de nombreuses régions du royaume, subit une pression fiscale considérable, se révolte, et est mis au pas : La révolte des Lustrucrus a fait long feu, réprimée dans le sang….

C’est le génial Vauban qui est dépêché sur place pour faire son rapport au Roi-Soleil, en 1675 :

« J’oubliois de dire que dans l’un des angles de ce quarré est assis le vieux château, demeure et forteresse des anciens comtes de Boulogne, qui [est] partout revêtue d’un mur extraordinairement épais, fort élevé, et environné d’un fossé très profond, dont le bord est soutenu par un revêtement de maçonnerie. Cette pièce n’est pas à mépriser, comme estant très seure contre toute sorte d’entreprise. Elle mériteroit bien d’estre un peu mieux entretenue qu’elle n’est ; car tout y tombe de tous costez. »

Vauban sait reconnaître les qualités défensives du château, qui n’est pas détruit, mais dont il estime le coût des travaux, avec la modernisation des remparts de la ville, à 116 875 livres.

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Privé de guerres et de sièges, le château devient une caserne, à l’initiative des ducs d’Aumont,  et le reste jusqu’au milieu du XXème siècle. La salle comtale est réaménagée en chambrées, tandis qu’un étage intermédiaire est construit et que des fenêtres sont percées..

Et, pendant la Seconde Guerre Mondiale, lorsque la prison de Boulogne est détruite dans un bombardement, c’est au château qu’on la transfère.
A la Libération de Boulogne, quand les rouages de l’opération Wellhit se mettent en place, le château apparaît toujours comme une place difficile à prendre, et c’est guidés par un Boulonnais que les Canadiens, commandés par le major Jack Stothart parviennent à y pénétrer par une poterne dissimulée, obtenant la reddition des Allemands qui y ont trouvé refuge.

Après-Guerre, de place défensive de premier plan, l’édifice est devenu une prison, qui fonctionne pendant trente années, jusqu’en juillet 1973.

En 1974, la ville de Boulogne rachète à l’état le bâtiment, pour un franc symbolique. Enfin, en 1988 commence le transfert des riches collections du musée de la Grand-Rue, après des travaux qui transfigurent les lieux et lui offrent une nouvelle vie.

Désormais, 4 départements se disputent la vedette, dans ce très riche Château-Musée  :

  • le département d’archéologie méditerranéenne qui comprend plusieurs collections : la collection égyptienne, en partie rassemblée et léguée en 1825 par Auguste Mariette, et la collection des céramiques grecques, la plus riche de France, après celle du Louvre.
  • le département d’ethnographie extra-européenne qui rassemble une collection d’objets provenant d’Amérique précolombienne, d »Océanie, avec un des ensembles le plus important en France, grâce à l’achat du cabinet de curiosités d’Alexandre Isidore Leroy de Barde, en 1825, et grâce aux expéditions de Pinart, l’Alaska avec une collection de masques Sugpiat de l’île de Kodiak unique au monde, et une collection d’art contemporain autochtone.
  • le département des Beaux-Arts et des arts décoratifs : peintures italiennes et flamandes des xve et xviie siècles, peintures françaises du xixe siècle, la collection Georges Mathieu
  • le département d’histoire locale présentant le patrimoine et l’histoire de la Bononia antique, dont les fondations sont visibles dans les sous-sols du musée, la ville médiévale, ou encore le patrimoine napoléonien de la cité de Boulogne.

Mais, ceci est une autre histoire, et nous reviendrons sur ces collections, que nous vous ferons découvrir dans un prochain article… Bonne visite, les Moussaillons !

Château8

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